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Interview

Dans le cadre de la prochaine tournée du spectacle d'Alexandre Astier, "L'Exoconférence", News Press a rencontré l'auteur, le metteur en scène et comédien qui est à l'origine de cette pièce.
Alexandre Astier est à la fois auteur, comédien, acteur, compositeur de musique et réalisateur, il nous parle de son métier, de ses expériences artistiques et de "l'Exoconférence".



Vous êtes acteur, auteur, réalisateur, compositeur de musique, que préférez-vous ?
Je préfère la composition car c'est la première chose que j'ai apprise et je continue de penser d'abord en rythme et en musique. Mais je considère aussi que la composition musicale est une création solitaire et qui se formule le moins. Quand vous écrivez un texte, vous êtes toujours en capacité d'expliquer les raisons de vos textes car nous partageons la langue française avec les autres. Or, dans le domaine de la musique, on ne vous pose jamais cette question parce qu'il n'y a pas vraiment de réponse et surtout parce que généralement, les gens avec qui chacun d'entre nous parle n'ont pas la technique musicale et donc pas la possibilité de me poser une question concrète. Donc l'oeuvre reste ce qu'elle est, sans être commentée et cela me fait beaucoup de bien car je pense que la formulation est très polluante pour l'invention.


La musique reste donc mon mode de base, là où je suis le plus rapide, où j'essaie de faire le mieux, où je suis le plus théoricien car c'est ce que j'ai appris étant petit.



Vous composez souvent la musique des films que vous réalisez, Pour vous, film et musique vont-ils forcément ensemble ?
Je pense qu'il est plus facile d'inventer d'abord une structure musicale. Je compose donc la musique avant. Quand quelque chose est juste musicalement et rythmiquement alors il est juste partout. On ne peut rien sauver avec du sens, on ne peut pas se raccrocher au sens car la sémantique n'est pas ce qu'on cherche lorsqu'on regarde une fiction. Ce que l'on recherche, c'est de la passion, de l'émotion et la musique est là pour nous l'apporter car, malheureusement, l'émotion ne s'explique pas, ça sort de dedans, comme la musique, c'est direct. Pour moi, le bon étalon d'une invention, c'est ça, le fait que ce soit direct. La musique c'est comme « balancer » des couleurs sur une toile sans réfléchir, c'est direct.



Donc le cinéma n'est pas direct ?
Dans le cinéma, rien n'est direct, les étapes sont trop multiples. La seule chose que l'on peut faire seul c'est le scénario mais ce n'est pas quelque chose que les gens verront, c'est un document technique qui va donner lieu à des discussions, des explications, une tentative de regroupement pour que tout le monde travaille dans le même sens. Mais c'est le contraire de la musique qui vous conduit à jeter des couleurs sur une toile.
Le cinéma c'est le fait de morceler, de segmenter, avoir la patience d'attendre, savoir garder sa spontanéité et la garder « au frais » pour pouvoir la sortir 4 ou 5 ans plus tard. C'est pour ces raisons qu'il ne faut pas s'engager dans des projets qui ne déclenchent pas chez nous une motivation à 100%. C'est pour ça qu'en ce qui me concerne je fais très peu de commande. Parce que c'est très difficile pour un acteur de travailler lorsqu'il n'est pas vraiment convaincu par le projet et la conviction est un moteur de la création qui est essentiel. Lorsqu'on se passe de la conviction, c'est dangereux.


Votre préférence va-t-elle vers le théâtre ou le cinéma ?
Je crois qu'en tant qu'acteur, on ne progresse pas beaucoup au cinéma. On joue les scènes dans le désordre et plusieurs fois d'affilée. Alors, bien sûr, il faut être sur le coup et savoir retrouver sans cesse la même fraicheur scène après scène.
Mais, moi, dans ma famille, nous sommes tous acteurs de théâtre. Pour nous, jouer c'est rester 1h30 ou 2h sur scène sans être interrompu, avec des spectateurs en chair et en os qui peuvent aimer ou ne pas aimer et puis il y a le trac. Au cinéma il n'y a pas de trac, on est tranquille. C'est très cool mais je pense que la vie d'un comédien ne peut pas se limiter au cinéma. Il y a un risque d'enlisement parce qu'il n'y a plus de peur et que même le succès est virtuel alors que sur scène, l'acteur est fragile.
J'ai la chance de ne pas avoir le trac qui immobilise car ce trac-là est contre-productif et permet de faire moins de chose sur scène. D'ailleurs, personnellement je n'aime pas trop les répétitions et je ne fais jamais de « générale » parce que pour moi le métier d'acteur c'est quand il y a les gens.
C'est le public qui me donne une raison de jouer.



Pourquoi avez-vous commencé le cinéma ?
Parce que la musique ne me suffisait pas et je n'aurais pas pu être seulement compositeur. Je pense avoir conservé la meilleure façon d'être compositeur c'est-à-dire pour les films qui plus est sont les miens. Aujourd'hui, les plus belles pages de musique se trouvent dans les films c'est-à-dire les musiques de film. D'ailleurs, il y a beaucoup plus de spectateurs dans les salles de cinéma que dans les salles de concert de musique classique qui se vident peu à peu et où la moyenne d'âge vieillit énormément...ce que je déplore ! Mon but c'est de parler le plus possible aux spectateurs et c'est de faire des choses populaires.

 


Vous parlez de « choses populaires ». Kaamelott a été un énorme succès, pourquoi les gens ont autant aimé cette production ?
A mon avis, ça ne répondait à l'époque à aucun canon de la télé parce que je n'en avais jamais fait et puis c'était vraiment centré sur les comédiens. Ca changeait de ce qu'on appelait les concepts. Certaines critiques pensent encore que ce qui a fait Kaamelott c'est le concept : « c'est des mecs d'avant qui parlent comme maintenant » mais en aucun cas ça ne peut faire un succès ! Un concept ne peut jamais faire un succès.

 

Alors, qu'est-ce qui fait un succès ?
Je pense que c'est l'honnêteté qui émane d'un spectacle qui en fait un succès. C'est lorsque le public adhère à un spectacle et qu'il se rend compte qu'un travail considérable d'acteurs, d'équipe, a été réalisé. Un travail qui est en phase avec le public, ses attentes et avec son temps. Et Kaamelott, c'est cette adhésion, cette correspondance entre la production et le public.
Le succès c'est aussi l'engagement des acteurs. Moi, je fais les choses pour qu'elles me plaisent, pour bosser avec des gens que j'aime, pour créer un spectacle avec une part importante d'humour. Alors, effectivement, c'est très centré sur les comédiens et sur le dialogue mais je voulais que cela se passe dans une époque qui nous éloigne de la nôtre parce que de cette façon, cela enlève la brutalité du contemporain. Kaamelott, c'est une petite cour de récré pour comédiens et en même temps un éclairage dans le temps.

 

Pour vous, faire rire, est-il la priorité d'un film ?
C'est très compliqué de faire rire parce que c'est une promesse un peu présomptueuse. Dire à quelqu'un « je vais vous faire rire » c'est comme dire « je vais vous faire avoir un orgasme », c'est peut-être vrai mais ça ne se dit pas.
Je ne veux surtout pas être un humoriste, jamais. D'ailleurs, David et Mme Hansen, le film que j'ai tourné avec Isabelle Adjani n'est pas là pour faire rire, il ne donne pas la promesse d'une comédie car c'est un drame. Bien sûr, on peut trouver dans le film des dialogues ou des scènes qui font rire, mais ce n'est que le vernis. Je préfère que l'humour soit une élégance en plus d'une histoire plutôt qu'une seule promesse en elle-même. C'est aussi le cas dans Kaamelott, qui fait rire et parfois pas du tout. C'est en effet une série comique mais il y a aussi des larmes, des séparations... et sans cette réalité, cette honnêteté, Kaamelott ne serait pas le Kaamelott que nous connaissons. Ce qui compte vraiment, c'est de raconter une belle histoire qui a des résonances un peu vraies et qui parle aux gens.
Le rire est avant tout une manière sérieuse de faire les choses. Dans Kaamelott, les personnages font rire sérieusement. En fait c'est plutôt un contraste entre le sérieux que les acteurs se donnent et le « rendu » qui fait beaucoup rire.
Encore une fois, l'humour, c'est une politesse mais cela ne peut pas être le but d'une oeuvre sinon, cette oeuvre serait trop légère.

 

Pouvez-vous nous parler de l'Exoconférence ?
La punchline c'est « réglons définitivement la question de la vie extraterrestre ».
C'est un spectacle qui prend la forme d'une explication en faisant des pas dans l'astrophysique et la physique et tente de donner une version de ce que je peux être amené à penser sur la question. C'est un hymne à l'astronomie qui tente d'être rigolo mais dont le fond s'écoute.
Les notions évoquées dans cette pièce, bien sûr, sont réelles ; mais moi je ne suis pas astrophysicien et cela me permet de me placer sous un angle de vue qui est le mien et qui est forcément un peu sarcastique et ironique.
L'astrophysique a toujours été un des sujets qui m'intéresse et que j'avais, pour ainsi dire, dans la poche. Ça fait partie de tous les fantasmes que l'on a et sur lequel on se pose des questions sans jamais chercher les réponses. Et le fait de faire un spectacle à propos de la science, cela m'a permis de franchir la barrière qui faisait de moi un néophyte ou amateur a quelqu'un qui prend la peine de cheminer, de poser des questions, de chercher des à endroits où je n'ai pas encore cherché, de passer du temps pour me forger une idée qui est différente de celle du simple spectateur.
Cela a été une formidable occasion de rencontrer des gens passionnants, des chercheurs, des militaires... Les gens que j'ai rencontrés étaient extrêmement généreux et ils étaient contents que je fasse un spectacle sur l'astrophysique en essayant de ne pas raconter de bêtises. Ce que j'essayais de faire c'était un spectacle à la fois populaire mais basé sur une réalité scientifique, autrement dit je ne voulais pas qu'à la fin on puisse venir me voir et me dire « ca ce n'est pas vrai». Le fait est que je me retrouve avec un spectacle dont toute la période d'écriture et de création a été parsemée d'expériences riches, trop riches même ! J'avais beaucoup trop de notes et j'ai dû beaucoup trier !



Vous avez déjà réalisé une tournée de "l'Exoconférence" en 2014, pensez-vous avoir convaincu le public la dernière fois ?
Ah oui ! Ça marche très bien parce que les spectateurs sentent qu'il y a beaucoup de recherche et de travail. Je n'y vais pas en faisant des choses que j'ai déjà fait plein de fois, ils sentent que j'ai bossé, qu'il y a une mise en danger.
A une époque, je disais « il ne faut jamais être là où l'on m'attend » parce qu'en tant qu'artiste c'est morbide d'être là où l'on nous attend. Je sais que certains le font, un peu par peur ou par goût du confort. Je ne les blâme pas parce que je sais que le public est content. Mais moi, ce que je veux entendre de la part du public, c'est « je ne m'attendais pas à ça ».
En fait dans le premier quart d'heure, les spectateurs sont toujours bon public parce qu'ils viennent pour se distraire et qu'ils ont envie que ce soit bien alors dans ce premier quart d'heure, le public il est à vous et vous avez tout le loisir de lui faire aimer ce que vous faites.



Avec qui rêveriez-vous de jouer ?
Je rêvais de jouer avec Adjani et je l'ai fait. Mais ça ne veut pas dire que je suis sevré ! J'espère que je rejouerai avec elle ! Mais sinon j'aimerais jouer avec Ricky Gervais. Ça ne se fera sûrement jamais mais vous me dites rêveriez alors...
Enfin, dans ce métier, rêver de jouer avec quelqu'un reste un rêve accessible !


Entretien avec ISAURE PUECH NEWS Press, le 21 août 2015
Interview originelle

Ecrit par choup37 

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