260 fans | Vote

Interview par des bloggueurs

Interview de bloggeurs dans les locaux d'Allociné (avec JC Hembert) sur le site Cloneweb.net :

 

Vous écrivez, vous réalisez, vous jouez dans Kaamelott, vous faites tout. Est ce que c’est un besoin, est ce que c’est essentiel ou juste du plaisir ?

AA : Oui. J’ai toujours fait ça. Quand j’étais petit, je composais beaucoup de musique chez moi. J’ai toujours eu le gout de faire mes trucs tout seul. Dans le monde du cinéma, c’est un peu difficile d’être vraiment tout seul mais je tiens à garder une patte personnelle pour que le truc soit comme je l’ai pensé. Ensuite, l’équipe s’organise pour mettre sur pieds cette chose là.
Je tiens également au montage. Ca ne me viendrait pas à l’idée d’écrire une scène, de jouer dedans et de larguer cela à quelqu’un qui le fait à sa sauce. C’est un tout. Je vais monter ce qu’on vient de tourner, écrire la musique qui vient dessus. Dans ma tête, j’ai juste l’impression de faire mon métier, qui est cette globalité-là.

 

On vous vu a dans le documentaire Suck My Geek. Il y a beaucoup de références geeks dans les précédents. livres. Est-ce qu’il y aura toujours autant de références dans le Livre VI.

AA : Depuis Suck My Geek, je suis un peu devenu le porte drapeau des geeks en France, pour mon plus grand plaisir. Il faut savoir un truc, c’est que maintenant les geeks ne sont plus une ethnie à défendre. A une époque, les jeux de rôle, c’était un truc de drogués avec des maitres de jeux bizarres et des gens qui se suicidaient. A ce moment là, il fallait quelqu’un pour monter au créneau, pour dire que Spider-Man et Goldorak étaient une belle culture.
Maintenant, les geeks sont le coeur de cible des plus grands studios. Les films qui coûtent le plus cher leurs sont directement destinés. Il n’y a donc plus rien à défendre du point de vue geek.
Moi j’ai une certaine culture geek. Je suis hyper fier de ce que j’aime, et je préfère dire que j’aime Star Wars plutôt que de faire croire que j’aime Godard. J’ai vraiment du mal à aimer Godard, même si je me force, même si je regarde. Je suis fier d’aimer ça, je le revendique à qui veut bien l’entendre mais je ne suis pas un défenseur, parce que je pense qu’il n’y a plus rien à défendre. En ce qui concerne les références, certaines sont volontaires et d’autres non. Mais le simple fait de faire une trilogie au cinéma est une référence. Le méchant de Kaamelott, la figure noire par excellence, elle est peut-être inspirée par Star Wars, qui a été inspiré par l’opéra italien. Le monde des geeks est un monde où il faut de vrais gentils, de vrais méchants et où les icônes sont magiques et non psychologiques.

JH : Le Livre VI est un prequel a une parenté avec Star Wars. Aller voir dans le passé d’où viennent certains personnages, ça ne peut que rappeler Star Wars.

 

Pourquoi avez-vous choisi de raconter maintenant la jeunesse d’Arthur, et n’avez-vous pas peur de frustrer le public qui est quand même resté sur un gros cliffhanger ?

AA : C’est justement à cause du cliffhanger de la saison 5 que j’ai eu envie de raconter la jeunesse d’Arthur. On a laissé les spectateurs devant un mec dans une baignoire qui s’est donné la mort lui-même. On devait donc raconter pourquoi. Qu’est ce qui amène ce type-là à se désespérer, à se décourager ? Pourquoi le poids de ses responsabilités arrivent à le décourager complètement ? Je pense que c’était pile le moment de raconter la jeunesse d’Arthur parce qu’il était arrivé au bout de quelque chose, il venait de poser les sacs et de se dire "J'arrête, j’arrête la quête du Graal, j’arrête cette mission sacrée, j’ai essayé du mieux que j’ai pu."
Et du coup, quand on apprend à posteriori que sa position à la tête de la Bretagne est le fruit d’une manigance du pouvoir romain qui le met en place contre son gré et qui l’utilise, quand on sait que c’est un pouvoir qu’on lui a imposé et qu’il n’a pas pris, je pense que ça change la saison 5 et qu’on la regarde d’une autre manière.
Sachant en plus que la saison 6 est composée de neuf épisodes : huit se situent dans le passé mais le neuvième reprend là où la saison 5 s’est arrêtée. Le neuvième épisode est donc là pour faire le pont entre la dernière saison et le film.

 

Parlons des films. N’avez-vous pas peur qu’une trilogie soit lourde avec des moments de creux ? Avez-vous déjà la trame complète ?

AA : La trilogie, qui n’est pas un dérivé mais bien la suite de l’histoire, s’articule en trois histoires distinctes. Les trois volets sont donc justifiés car ce seront trois époques différentes, avec de longues ellipses entre chaque film et marqué par trois événements bien majeurs dans trois périodes différentes.
Après, je pourrai raconter ce que j’ai à dire en un film, en six. C’est le niveau de détails qui change, le nombre de choses à raconter autour d’une trame principale. Je pense que quand on a développé un héros pendant près de 40 heures, de la saison 1 à la 6, il est difficile de tout boucler en 2 heures. J’ai vraiment besoin de cette mécanique-là, que j’ai connu avec Star Wars : deux heures, un grand événement, puis une vraie pause... Le temps d’attente entre les deux films est important, parce qu’il achève l’histoire du premier, il laisse reposer les choses... Dans Star Wars, on pourrait presque penser que le temps d’attente entre deux films est le temps d’attente réel dans l’histoire. C’est bien d’avoir à attendre et d’être surpris par ce qui arrive.
Je pense que c’est la bonne mécanique. Après, est-ce que je vais réussir, c’est autre chose mais je pense que c’est la bonne formule.

 

Vous aviez un projet avec Alain Delon qui a capoté. Qu’en est il ? Et avez-vous d’autres projets de cinéma, peut-être sérieux ?

AA : J’avais plus qu’un projet avec Alain Delon, puisqu’on était à 14 jours du tournage. C’était prêt, financé, tout le monde au garde à vous… Il est arrivé un pépin sur ce film : Alain Delon a refusé... a quitté le projet. Le film est au placard en ce moment, c’est un coup dur. Ce qui en résulte, c’est que ce projet-là est en attente d’une bonne idée à moi pour le relancer, car c’était écrit sur mesure pour Delon.
J’écris en ce moment deux autres films : Kaamelott volet 1 et un autre film dont je ne peux pas trop parler aujourd’hui... Ce qui est sûr, c’est que je ne classe pas mes films dans la catégorie rigolo ou pas. C’est mon monde à moi. Le film avec Delon n’était pas à se taper sur les cuisses mais pas non plus à chialer. C’était évidemment une histoire contemporaine, qui n’avait pas le prisme de l’époque pour rendre ça poétique. C’était proche de nous et concret.

 

Vous n’avez pas peur d’être catalogué dans le milieu comme réalisateur de comédie historique ?

AA : C’est très facile et dangereux en France de se faire cataloguer. Le projet avec Delon faisait partie aussi de mes envies de raconter une histoire différente. C’est compliqué... Les gens adorent me mettre dans les humoristes. C’est pour ça qu’au cinéma, je prends pas forcément le rôle comique, que j’essaye de me diversifier, parce que je n’ai pas à raconter que des choses drôles, la preuve avec la saison 5 de Kaamelott.
Le film que je suis en train de faire en ce moment, qui n’est pas Kaamelott, je pense que ce sera catalogué en tant que comédie. Moi je trouve ça réducteur parce qu’il y a beaucoup de choses dedans…
J’ai pas envie qu’on me pose une étiquette. Mais j’ai pas envie d’orienter ma carrière pour qu’on ne me la pose pas, je vais faire ce que j’ai à faire et voir où ça nous mène.
C’est une belle chose la comédie, c’est dur à faire. De plus en plus, les comédies en France ne peuvent rien raconter d’autre. Elles doivent être drôles et divertissantes. Comédie est un mot que j’adore mais divertissement est un mot que je déteste.
Aux Etats Unis, il y a un mec qui s’appelle Robin Williams, qui a commencé comme moi. Il faisait du stand-up pur, et c’est un mec à qui on a offert tout le panorama des rôles hollywoodiens. En France, on n’a pas ce réflexe-là. Ici, comédien et humoriste, c’est partagé à part quelques exceptions comme Jamel ou Dany Boon. Moi je vais faire très très attention à ce qu’on ne m’appelle jamais humoriste. Jamel et Boon sont passés à deux doigts ne plus jouer qu’une sorte de rôle alors que ce sont d’excellents comédiens tous styles confondus.

 

Est ce que le fait d’être "juste" acteur dans un film, c’est pas compliqué ou frustrant pour quelqu’un qui touche à tout ?

AA : La difficulté, c’est de lacher prise, de faire confiance... Mais en même temps, c’est très reposant : j’attends qu’on m’appelle, je fais ce que j’ai à faire puis je retourne sur ma chaise. Je cacherai pas que quand je rentre dans ma loge je travaille sur autre chose, j’écris...
J’arrive aussi à prendre du plaisir là dessus parce que je ne le fais pas souvent. C’est parce qu’un réalisateur me propose un truc loin de mon monde, un contremploi que j’accepte et que je prends du plaisir.

 

Revenons à Kaamelott. Il y a beaucoup de références aux légendes arthuriennes. Je voulais donc savoir si, quand vous aviez pensé au père des Jumelles (saison 5), vous aviez pensé au Roi Pêcheur. Et avez-vous pensé, pour la fin du dernier film, au bouquin de Thomas Mallory, le Morte d’Arthur ?

AA : Non, le pêcheur joué par Patrick Bouchitey n’est pas une référence au Roi Pêcheur. En revanche, c’est iconographique. Le pécheur, comme le charpentier, est marqué. Mais il n’y a pas un lien direct avec Arthur.
Pour le dernier film, je ne sais pas si vous faites référence à la mort d’Arthur lui-même ? Dans Le Morte d’Arthur, il est question qu’il ait un fils incestueux : Mordred. Il y a plusieurs légendes dont une que je retiens, un peu évoquée à la fin de la saison 6 où Arthur reçoit en rêve la visite de sa demi-soeur, jouée par Anouk Grimberg. Ce n’est pas un pan de la légende que j’ai laissé tombé, ce fils incestueux qui pourrait...
Il y a des choses dans les légendes arthuriennes que j’ai prises, d’autres que je n’ai pas prises. Mais je ne prends pas de détails trop compliqués, je ne m’adresse pas aux universitaires. Je m’adresse à tout le monde, à ce qu’on en sait. Je vais donc me servir de ça.

 

Dans vos projets, j’ai entendu parler d’une série sur la mafia lyonnaise. Où est-ce que ça en est ?

AA : Le mot "mafia lyonnaise" a été lâche beaucoup trop largement parce que ce n’est pas du tout ça.
Je suis Lyonnais et j’ai été en partie élevé dans la communauté italienne de Lyon, à Gerland. Je ne suis pas Italien mais ma famille est issue de la vague d’immigration italienne des années 20 en France. Il n’y a pas spécialement de mafieux dans ma famille.
Je prépare donc une série sur la renaissance d’une pègre de quartier qui aurait été éteinte depuis une dizaine d’années sous l’impulsion d’un mec que j’aurai joué et qui reprendrait contact avec sa famille.
Une émission sur la mafia lyonnaise, non. D’ailleurs mafia est un mot qui ne sera jamais prononcé.

 

Une dernière question sur Kaamelott. Je ne sais pas si vous allez y répondre mais je vais la poser quand même : est-ce que le Graal est une jatte qui contient une carcasse de poulet ?

AA : Je sais exactement ce qu’est le Graal dans Kaamelott et non, ce n’est pas une jatte qui contient une carcasse de poulet.
Est ce qu’il y aurait eu un doute dans la tête de quelques téléspectateurs qui se seraient dit : "Merde, ils sont en train de passer à coté" ?
Mais en fait, c’est vraiment ça. Ce truc-là, c’est une jatte. Juste une jatte.

 

Octobre 2009.

Ecrit par Holly95 
Activité récente
Actualités
Animation Bienvenue à bord du Tardis: Perceval nominé

Animation Bienvenue à bord du Tardis: Perceval nominé
Une nouvelle manche a débuté dans l'animation Bienvenue à bord du Tardis, organisé par le quartier...

Anniversaire

Anniversaire
Aujourd'hui dimanche 24 octobre, nous fêtons l'anniversaire de Julien Dutel, qui avait joué le rôle...

Nouveau sondage

Nouveau sondage
Le dernier sondage vous demandait vos avis sur le film taaaaaaant attendu sorti en juillet: à 33%,...

Joelle Sevilla ouvre son propre théâtre

Joelle Sevilla ouvre son propre théâtre
En plus d'incarner Dame Séli dans Kaamelott, Joelle Sevilla possède son école de théâtre depuis plus...

Nouvelle audience

Nouvelle audience
Hé bien, la dernière audience aura eu du succès! Profitons de l'actualité et penchons-nous sur le...

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage
HypnoRooms

choup37, Hier à 12:16

Plus que 7 votes pour valider la nouvelle bannière doctor who, venez nous aider à avoir le nouveau design pour le 31/10, arrivée de la s13

ShanInXYZ, Hier à 16:03

4ème manche du 1er tour dans les duels des aspirants compagnons de Doctor Who, venez soutenir vos personnages préférés

Luna25, Hier à 19:15

Changement de mois sur le quartier Legends of tomorrow : nouveaux duel, pdm et sondage n'hésitez pas à passer voir

diana62800, Hier à 19:34

le quartier Ce que j'aime chez toi à un tout nouveau design, venez dire ce que vous en pensez, merci d'avance

emeline53, Aujourd'hui à 12:13

Les votes sont serrés entre Charmed et Friends pour la finale de l'animation sur The Fosters ! Venez voter pour votre fratrie préférée !

Viens chatter !