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#601 : Miles Ignotus

Ve siècle après Jésus-Christ. L'empire romain perd peu à peu de son éclat. Le puissant sénateur Sallustius espère redorer son blason en utilisant une légende bretonne pour occuper toute la Bretagne. Pendant ce temps, dans la milice urbaine, Arturus et Manilius, deux jeunes soldats ordinaires, pensent surtout à trouver à manger et à s'échapper de leur caserne.

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Première diffusion
17.10.2009

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Scène finale - Vous savez ce qu'on bouffe?

Scène finale - Vous savez ce qu'on bouffe?

  

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Casting de l'épisode

Alexandre Astier : Arturus
Lionnel Astier : Léodagan de Carmélide
Jean-Marc Avocat : Titus Nipius Glaucia
Michel Bernini : Vibius Iuventius Bestia
Patrick Catalifo : Marcus Oranius Lurco
Jean-Yves Chatelais : Vibius Pisentius Petrus
Lou Bonetti : Licinia
Valeria Cavalli : Aconia Minor
Patrick Chesnais : Lucius Sillius Sallustrius
Jonathan Chiche : Caius Papinius
Marion Creusvaux : Julia
Pascal Demolon : Spurius Cordius Frontinius
Alain Doutey : Publius Desticius
Frédéric Forestier : Aulus Milonius Procyon
Gille Galliot : Mamercus Flaccus Calvo
Tchéky Karyo : Manius Macrinus Firmus
François Levantal : Publius Servius Capito
Emmanuel Meirieu : Appius Manilius
Philippe Nahon : Goustan de Carmélide
Manu Payet : Verinus
Bruno Salomone : Caius Camillus
Jordan Topenas : Lucius Falerius

Rome, Ve siècle avant JC. Arturus et une jeune romaine, Julia, sont en train de faire l’amour dans un recoin sombre de la villa Aconia, quand ils sont interrompus par Caius. Les deux amants doivent absolument partir avant d’être attrapés par Glaucia et sa garde, qui terrorisent la villa. L’homme est en train de s’en prendre à la petite amie du meilleur ami d’Arturus, Licinia, et ce dernier décide d’aller la récupérer au mépris du danger. Le groupe tente de l’en empêcher mais trop tard, Manilius est plaqué au sol par l’homme de main de Glaucia, Procyon. Julia conseille alors à Arturus de sauver sa peau, mais ce dernier, le visage masqué, assomme Glaucia et son second, afin de sauver la peau de ses amis. Le groupe s’enfuit de la villa.

 

Auparavant...

La milice urbaine parcourt les rues de Rome, et le chef de la patrouille s’en prend à un clochard à qui il ordonne de quitter sa place. Arturus est très mal à l’aise et le lui demande gentiment, mais l’homme est pétrifié par la peur. Deux soldats finissent par le relever, et le chef le menace de sévices si il n’a pas ôté ses affaires dans l'heure. Alors que le groupe s’éloigne, il passe devant des jeunes filles qui se mettent à glousser, et qui se font disperser par le responsable de la milice.

Bretagne, camp romain du Mur d’Hadrien. Un homme, Macrinus, est en train d’écrire ses mémoires. On comprend qu’il s’agit du général du camp. Son homme de main, Cordius, rentre dans la tente de son chef et lui propose de lui préparer à manger, car il ne s’est pas nourri depuis la veille. Macrinus refuse et retourne à ses écrits. Déboussolé, Cordius sort de la tente et tente une blague auprès de ses hommes, qui ne lui répondent pas.

Les sénateurs romains se plaignent auprès de leurs supérieurs que rien n’avance en Bretagne, car cela fait 300 ans qu’ils n’ont pas passé le mur d’Hadrien! Tout l’empire se fout d’eux, mais Sallustius pense qu’il y a d’autres raisons pour cela. Ils menacent de lui retirer leur confiance, et Lurco tente une sortie théâtrale ratée.

Arturus et Manilius sont tous les deux convoqués par leur chef, l’un parce qu’il n’est pas venu à l'entraînement, l’autre parce qu’il a refusé de frapper un de ses camarades lors d’un exercice. Luventius supprime deux semaines de permission à Manilius, qui souligne alors que Glaucia lui en a déjà retiré trois, pour vol de nourriture. Luventius n’est pas au courant et part se renseigner, et une dispute éclate entre les deux amis. Manilius ne comprend pas pourquoi Arturus refuse d’exécuter les ordres, et ce dernier lui répond qu’il est très mal placé pour lui donner des conseils. C’est alors que Falerius débarque dans la pièce et explique à Manilius que Licinia veut le voir au parloir: il en a marre de faire le messager pour le couple, un jour il va avoir de gros ennuis. Nonchalant, le meilleur ami d’Arturus lui tend sa tunique puante et quitte la pièce, malgré ses protestations. C’est le moment que choisit Luventius pour revenir dans son bureau. Lorsqu’il s’aperçoit de l’absence de Manilius, il est furieux et compte bien le mettre au trou pour un moment. Il se met aussi en colère contre Arturus qui conteste ses ordres car sur un champ de bataille, le coup à la trachée peut lui sauver la vie! Malgré tout, le jeune soldat refuse de s’en prendre à son ami, qu’il aurait pu tuer, ce qui lui vaut un nouveau lot de reproches sur sa trop profonde réflexion. Il se fait virer de la pièce par son chef, qui lui ordonne d’informer Manilius qu’il est bon pour deux jours de cachot.

Licinia est soulagée de voir son petit ami arriver, elle commençait à trouver le temps long. Tendu, ce dernier lui répond qu’il se fait supprimer toutes ses permissions dans le but de lui procurer de la nourriture, et que ce n’est pas facile. Il doit bientôt retourner à la milice, sous peine de ne plus avoir de permissions du tout! Licinia lui avoue alors que la situation devient invivable, car elle commence à être connue comme la voleuse du marché. Elle ne fait pas encore le tapin, mais ce n’est pas loin… Elle s’enfuit en entendant la patrouille s’approcher, et malgré les protestations de son petit ami.

Servius et Sallustius discutent. Servius ne prend pas les sénateurs au sérieux, ils sont incompétents et véreux. Malgré tout, Sallustius est préoccupé par l’état de la Bretagne, et par l’approbation de ces imbéciles, dont il a malgré lui besoin pour garder le pouvoir. Lurco rentre alors sans prévenir dans son bureau et lui parle avec sournoiserie de l’épée des rois, qui est le seul moyen d’obtenir le pouvoir en Bretagne. Pouvoir la retirer signifie qu’on est l’élu des Dieux, et c’est la raison pour laquelle les romains n’ont jamais réussi à fédérer les bretons, car ils en sont incapables. Très satisfait de son effet, Lurco sort de la pièce d’un air dramatique.

Sallustius interroge Servius sur la provenance de nouvelles venant de Bretagne, mais ce dernier n’est clairement pas au courant. Alors que Sallustius est intrigué par l’épée des rois, Servius se méfie clairement de toute information venant de Lurco. Il se voit confier la tâche de trouver un breton à Rome, ce qui ne l’enchante guère…

Caius se fait sucrer sa permission par Glaucia, car une fête a lieu le soir-même Villa Aconia, et il doit assurer le service d’ordre. Glaucia compte se rendre à la soirée pour picoler… Lui et Procyon sont surpris par l’entrée dans leur bureau du sénateur Servius, qui vient consulter le registre. Ce dernier est perdu depuis des années, et Procyon se fait secouer par Glaucia pour aller le chercher.

Manilius harcèle Caius pour qu’il lui dise le lieu où aura lieu la soirée prévue le soir même, mais Caius refuse, par peur des ennuis. Il continue de provoquer Caius, et réussit à lui soutirer des informations, à son grand énervement.

Servius se souvient de deux enfants de cinq ou six ans qui ont débarqué à Rome au moment où il a commencé son poste de sénateur. Il parvient avec difficulté à trouver le nom de Falerius dans le registre, et Glaucia presse Procyon d’aller le chercher. Servius demande à Glaucia depuis combien de temps il a arrêté d’écrire dans le registre… Ce dernier n’a jamais commencé… Procyon revient avec le jeune soldat, qui est bien arrivé à Rome au même moment que Servius est devenu sénateur: cependant, il ne vient pas de Bretagne mais de Syracuse… Il évoque alors Arturus, arrivé en même temps que lui au camp militaire. Procyon part également le chercher. Servius s’en prend à Glaucia pour avoir laissé le registre dans cet état, et menace de l’enfermer. Lorsque Arturus est interrogé par Servius, il est difficile pour lui de lui répondre, car il ne se souvient pas de son lieu de naissance. Les seules choses qui lui reviennent en mémoire sont un bateau, et un barbu. Il est invité à suivre Servius hors du bureau, et est dépassé par cette soudaine attention.

Verinus demande à Licinia d’héberger une fille qu’il vient de rencontrer, elle est nouvelle en ville. Licinia commence par refuser, car elle n’a rien à manger, et pas de table pour manger!Verinus ne veut pas héberger Julia, qui est outrée par l’idée car elle ne le connaît pas. De plus, la familiarité du marchand l’agace. Ce dernier propose alors à Licinia de lui trouver un beau morceau d’agneau si elle accepte d'héberger son amie. La jeune femme accepte mais il lui en faut un pour trois personnes, au grand désespoir de Verinus.

Arturus se voit proposer à boire par Sallustius, qui l’interroge sur ses origines et l’épée des rois. Le jeune homme confirme qu’en Bretagne, retirer l’épée du rocher est une tradition à laquelle on doit se plier lorsqu’on est jeune: c’est un genre de fête. Tous les enfants le font, et Arturus se souvient avoir été porté par un barbu lorsqu'il a fait son essai… Mais il ne sait plus qui était cet homme! Sallustius le renvoie poliment à sa caserne, et le jeune homme part sans demander son reste. Servius s’interroge sur les nouvelles recherches à lesquelles il va devoir se consacrer concernant les bretons.

Falerius interroge Arturus sur les sénateurs, et le jeune homme lui répond qu’ils voulaient lui parler de la Bretagne. Il n’a pas de réponse à leur donner, et d’ailleurs comment son camarade fait-il pour connaître son lieu de naissance? Ce dernier explique qu’il a regardé le registre, mais Arturus n’y est pas.

Sallustius demande à Servius d’aller en Bretagne et de lui ramener des informations sur ce qui s’y passe. Servius préférerait lire les comptes-rendus, mais l’autre homme lui rappelle qu’il ne le fait jamais. Servius déteste pourtant aller au Mur d’Hadrien, car l’ambiance y est détestable. Il reçoit alors un message de deux des sénateurs, qui veulent savoir où ils en sont à propos de la Bretagne…

Manilius a fait le mur pour emmener sa copine à une fête huppée, ce qui la met en colère car il pourrait finir au fouet. Elle lui explique qu’elle ne peut pas venir car elle est occupée et provoque la jalousie de son petit-ami, à qui elle finit par présenter Julia, exaspérée. Manilius veut l’emmener aussi, mais Julia ne veut pas se rendre seule à la fête, et Manilius se met en tête de lui trouver un mec, qui ne sera autre qu’Arturus… Il part donc chercher son ami à la caserne, malgré le couvre-feu. Julia interroge Licinia sur Arturus, qui lui répond que pour une soirée ça ira.

Arturus est dans le dortoir de la caserne quand Papinius vient le prévenir que Manilius veut lui parler. Papinius a peur de se faire engueuler, et Arturus lui demande quand est ce qu’il comprendra que Manilius n’a rien à lui dire. Pour le jeune homme puisque Manilius prend des décisions c’est normal qu’il dirige, lui n’en prend aucune, alors c’est normal qu’il se fasse engueuler. Il demande à Arturus s’il préfère diriger ou se faire engueuler. Ce dernier ne répond pas et rejoint son meilleur ami au parloir. Manilius a décidé de l’emmener à une fête villa Aconia, mais Arturus a déjà mangé, et il ne veut pas se faire attraper. Manilius insiste sur la nourriture et le sexe qui les attend, et sur le fait que sans lui, Julia ne viendra pas, et Licinia non plus. Il n’est pas obligé de passer la soirée avec elle, juste de l’accompagner…

Manilius lance des cailloux à la fenêtre de Licinia, qui finit par lui ouvrir après une longue attente. Il rentre chez elle, et vérifie que les vêtements des deux filles correspondent à la fête. Il demande par ailleurs à Julia de retirer son diadème, trop voyant, et Licinia lui dit qu’elle le cachera tout au long du trajet. La nouvelle arrivée a d’ailleurs peur de se balader dehors durant le couvre-feu, mais Manilius assure connaître avec Arturus presque tous les chemins de patrouille de la ville. Mais pourquoi se cacher sous des capes noires alors? Par sécurité d’après le jeune homme, qui incite le groupe à sortir. Les trois compères courent donc rejoindre Arturus, qui fait le pied depuis une heure, et a manqué s’en aller. Manilius fait les présentations, et Julia avoue être soulagée par l’apparence d’Arturus, qui se vexe profondément. 

Le groupe se cache à plusieurs reprises derrière des villas à colonne. Les deux jeunes hommes se disputent sur le chemin à prendre pour arriver à la Villa Aconia, au grand désespoir de Julia et Licinia, qui ne veulent pas se faire remarquer. Arrivé devant la villa Aconia, Manilius n’est pas sûr d’être au bon endroit, et espère que c’est bien Caius qui surveille l’entrée. Son manque de préparation met très en colère Arturus, qui finit malgré tout par vérifier lui-même que c’est bien Caius qui fait le service d’ordre. 

Lorsque le groupe se dirige vers lui, Caïus est furieux, il espérait que Manilius ait changé d’avis. En plus, faire entrer quatre à cinq personnes est plus compliqué que d’en faire entrer deux. D’après Licinia, tout le monde est bourré à cette heure-là, ce que son petit ami approuve. Caius leur demande malgré tout de ne pas faire de conneries, car il sera tenu pour responsable. Arturus se moque de lui. Manilius lui propose alors l’aide du groupe s' il y a un problème à l’entrée, mais ça étonnerait beaucoup Caius qu’il fasse appel à eux, car il ne peut plus les voir en peinture.

Le groupe rentre dans la villa, et Manilius s’extasie devant la quantité de nourriture et de boisson proposée. Lui et Licinia partent s'installer, tandis que Julia et Arturus restent ensemble. La jeune femme demande au soldat de lui mettre son diadème, et l’interroge sur ses projets pour la soirée. Il compte bien manger, mais n’est pas intéressé par les femmes autour de lui, pas plus que Julia par les porcs qui jonchent le sol de la villa. Elle compte donc trouver un arrangement avec Arturus…

Cordius revient de Carmélide. Le chef de clan qui dirige le royaume prend la nuit pour réfléchir à la proposition de Macrinus: si les lingots ne sont pas revenus au petit matin, c’est qu’il accepte le traité de paix, sinon les romains sont bons pour une nouvelle bataille. Cordius est sûr qu’il va garder les lingots, véreux comme il est, mais Macrinus n’en est pas certain, car il les déteste et ce serait un signe de faiblesse devant les autres chefs bretons. Cordius n’est pas sûr qu’un type pareil puisse tenir son serment, ce à quoi Macrinus répond qu’il faut être intelligent pour le rompre, ce qui n’est pas son cas. Cordius propose encore une fois de la nourriture au général romain, qui la refuse.

Arturus et Julia discutent du métier de soldat du jeune homme. Julia est impressionnée par son intelligence, et qu’il sache lire aussi. Elle lui demande d’où il vient, il lui répond qu’il est de Bretagne. Ils s’embrassent, et cessent par la même occasion de manger, occupés par des activités plus intéressantes.

Macrinus poursuit l’écriture de ses mémoires, et s’interroge sur l’existence de celui qui saurait réussir là où il a échoué. En parallèle, à la villa Aconia, on voit Arturus s’élancer dans la foule, et caché par le voile de Julia, assommer les hommes qui retiennent ses amis. Le groupe s’enfuit de la villa dans la panique générale.

Goustan passe le pouvoir à Léodagan. Faussement offensé par l'appât du gain que lui proposent les romains, il ne compte pourtant pas leur rendre leur argent, car cela ne se fait pas, surtout pour les plus nécessiteux. Il propose donc à son fils de s’en prendre aux romains, car après tout lui n’est pas sous serment… Triomphant, Léodagan sort de la tente où son père lui tenait son discours, et déclare à ses troupes que ce soir, ils bouffent du romain… Ses hommes hurlent de joie.

Préambule – Villa Aconia.

Dans un recoin sombre, Arturus et une romaine, Julia, sont en train de faire l'amour quand Caius les interpelle à travers une grille.

Caius (chuchotant) : Arturus !

Arturus : Putain, quoi ?

Caius : Viens vite c'est la merde ! Y a Glaucia qu'est arrivé faut s'tirer !

Arturus : Glaucia ? Mais qu'est-ce qu'il fout là, c'est lui qui gueule là ?

Caius : Mais oui il est torché, il s'en est pris à la fille là !

Arturus : Quelle fille ?

Caius : Mais l'autre fille, la copine de Mani !

Julia : Licinia ?

Caius : Ouais, tirez-vous tout de suite avec Mani, si jamais il vous reconnaît ça va m'retomber sur la gueule !

Manilius arrive, en colère.

Manilius : Oh ! Tu comptes faire quelque chose ou pas ?

Caius : Quoi, qu'est-ce que tu veux que j'fasse ?

Manilius : Ils sont en train de dérouiller Licinia putain ! J'fais quoi j'attends qu'ça passe ?

Caius : Mais c'est un supérieur ! Même si j'demande aux autres de l'dérouiller ils ne bougeront pas ! Arturus et toi vous vous tirez tout d'suite hein avant de vous faire repérer, c'est la seule chose à faire !

Manilius : Arturus il fait c'qu'il veut, moi j'laisse pas faire ça, j'fonce dedans !

Il part alors que ses amis tentent de l'en dissuader.

Caius: Nan Mani ! Mani !

Arturus : Mani arrête !

Arturus s'enroule dans un drap et sort rejoindre Caius. Il s'avance vers un attroupement de personnes qui regardent Glaucia tenir Licinia. Son second plaque Manilius au sol en le tenant par les bras.

Glaucia (criant) : Regardez-moi c’qu’on fait par ici ! J'croyais qu'c'était une fête de bourges ! Alors madame, on accueille des soldats dans ses soirées ? Des soldats sans permission ! Mais c'est qu'c'est drôlement interdit ça ! J'allais m'envoyer la morue, là, mais c'est peut-être carrément la patronne que j'vais pouvoir m'farcir ! Oh ! Tu m'entends ! Aconia ! Depuis 15 ans que j'rêve de t'monter dessus, c'est peut-être le moment de t'faire ma demande !

Arturus se retourne vers Julia.

Julia: Qu'est-ce que tu fais, tu t'en vas ?

Caius (déprimé) : Voyez où ça mène vos conneries... Combien d'coups d'fouets j'vais m'prendre sur la gueule maintenant à cause de vous...

Julia (à Arturus): Vas-y, va sauver au moins ta peau.

Mais Arturus lui enlève son voile, et la regarde d'une drôle de façon.

 

***

GENERIQUE

***

 

Rue de Rome.

Retour en arrière au matin même. Dans une rue de Rome, un vieil homme est assis par terre, entouré d'une patrouille romaine, dirigée par Vibius Luventius Bestia.

Luventius : Allez, vous m'le virez celui-là ! Et vous lui faites ramasser son bordel !

Arturus : Allez, faut partir maintenant.

Luventius (aux gens) : Bon allez allez, on retourne à ses occupations ! C'est pas un spectacle de rue !

Arturus (au vieillard) : Allez allez allez, debout.

Luventius : Il est encore assis celui-là ! Vous m'le déblayez oui où non ? Valerius !

Deux romains lèvent l'homme. Arturus semble gêné.

Luventius : On repasse dans une heure, si tes merdes sont encore là, j'te les fais bouffer une par une compris ! Allez on y va.

Les soldats passent devant des jeunes filles qui se mettent à glousser.

Luventius : Allez les mesdemoiselles on file, vous les retrouverez à la prochaine permission ! Allez circulez.

Les soldats avancent et remettent leurs casques.

***

 

Ile de Bretagne – Zone Britto-Romaine- Camp fortifié du mur d'Hadrien.

Un homme, Marius Macrinus Firmus est assis à son bureau, en train d'écrire.

Macrinus : D'après le dernier rapport des espions, l'ennemi s'apprête à tenter une percée par l'ouest. Il y a moins de trois semaines, ils s'attaquaient à l'est. Si ces imbéciles réunissaient ne serait-ce qu'une seule fois leurs forces, pour attaquer des deux côtés en même temps, ils reprendraient l'île de Bretagne en une seule vague. Combien de décennies encore jouerons-nous ce spectacle absurde? Eux au nord, nous au sud, et le mur d'Hadrien au milieu, qui dessine son immuable ligne de démarcation. J'ai décidé aujourd'hui, de proposer une somme d'argent colossale à leur chef, en échange de sa parole de ne pas attaquer. La tradition chez ces brutes veut qu'un chef ne peut pas rompre un serment. J'ai honte d’opposer ainsi aux forces adverses la lance fourbe de la cupidité. Mais en Bretagne, la honte s'envole et ne retombe jamais. Ni sur moi, ni sur la légion, ni sur Rome.

Macrinus arrête d'écrire. On voit qu'il est dans une tente romaine. Il a l'air exténué. Son aide de camp entre.

Cordius : Dîtes, vous voulez pas grignoter une bricole ?

Macrinus (ailleurs) : Quoi ?

Cordius : Déjà, hier soir vous avez rien avalé, alors si vous voulez, j'peux vous arranger un petit quelque chose avec des restes.

Macrinus : Non.

Cordius : Ouais, vous vous rattraperez ce soir ! Pleutius a relevé les collets, la prise est bonne !

Macrinus (recommence à écrire) : C'est ça.

Cordius : Bon.

Il sort, et se rend dans une autre tente, il parle à des soldats.

Cordius (fier) : Eh les gars ! Vous savez c'qu'on bouffe ce soir ? (Pas de réponse) Du lièvre ! (Pas de réaction. Il sort)

***

 

Rome - une salle du palais.

Les sénateurs sont réunis.

Pisentius : Alors cette fois-ci la coupe est pleine !

Lurco : Je crois qu'on a été plus que patient, Sallustius. J'espère que tu t'en rends compte.

Flaccus : Il s'rend compte de rien, on passe pour des glands du nord au sud de l'empire, il voit même pas !

Lurco : Mais non il voit pas, mais c'est parce qu'il navigue dans d'autres eaux... N'oubliez pas que Lucius Sillius Sallustius prend ses ordres de César lui-même !

Pisentius : J'vais vous dire, le jour où j'ai accepté d'être sénateur, j'aurais mieux fait d'me péter une jambe.

Servius : Ca peut encore s'arranger.

Sallustius (se lève) : Bon euh... j'crois que j'ai à peu près saisi le concept... en résumé vous n’êtes pas contents ?

Lurco : En résumé pas vraiment.

Desticius : On a paumé l'Afrique, on a paumé l'Asie Mineure ! Un jour on va paumer nos frocs, et ça n’inquiète personne.

Flaccus : Et la Bretagne ? Vous voulez qu'on en cause un peu d'la Bretagne ?

Pisentius : Oh non... pas la Bretagne...

Lurco (riant) : La Bretagne ! Ça c'est l'bouquet !

Flaccus : Combien d'temps ça fait qu'on rame en Bretagne ? Combien de temps ça fait qu'on est pas foutu d'passer le mur d'Hadrien ?

Lurco : Depuis qu'on l'a monté, 300 piges !

Desticius: 300 piges !

Flaccus : 300 piges qu'on passe pour des cons.

Lurco : A Ravenne, ils s'foutent de nous, à Byzance ils s'foutent de nous !

Sallustius : D'accord... J'admets volontiers qu'on s'fout un peu d'vous dans l'empire et qu'on vous tient pour une solide équipe de connards. En revanche, est-ce que vous êtes sûrs que c'est à cause de la Bretagne ? Nan mais j'vous pose la question...

Servius : Mais qu'est-ce que vous discutez, v'nez on y va là !

Desticius : La Bretagne c'est un signe !

Flaccus : Si la Bretagne ça avançait un peu, hein... si on avait la main véritablement dessus par exemple...

Pisentius : Sur toute la Bretagne hein, pas seulement la moitié du bas...

Servius : Qu'est-ce que vous avez c'matin avec la Bretagne ?

Desticius : On dit la Bretagne parce que c'est p'tit !

Flaccus : Voilà, et qu'on en a déjà la moitié !

Pisentius : Juste une petite conquête, Sallustius, une moitié d'conquête, juste une qu'on puisse se balader sans trop raser les murs...

Desticius : C'est quand même pas grand-chose la Bretagne...

Lurco : Et comme ça, on s'rait pas obligé de te retirer notre confiance (Il va pour partir) Ben vous suivez pas vous ?

Desticius : Ben j'sais pas tu vas où ?

Lurco : Bah nulle part, j'voulais juste faire une phrase bien et après tac on s'en va tous ensemble ! Si j'm'en vais tout seul j'ai l'air un peu con nan ?

Ils s'en vont.

***

 

Caserne de la milice - bureau de Luventius.

Luventius : J'en ai marre d'vous deux ! Vraiment ! Manilius, pourquoi t'es pas venu à l'entrainement c'matin ?

Manilius : J'suis revenu d'la patrouille avec une cheville enflée.

Luventius : Une cheville enflée... Et ça va mieux ?

Manilius : Si j'bouge pas trop ça va.

Luventius : T'auras pas besoin d'trop bouger j'te supprime deux semaines de permission.

Manilius : Ah bon... mais en fait euh j'ai déjà trois semaines en moins à cause de la nourriture.

Luventius: La nourriture, quelle nourriture ?

Manilius : La nourriture qu'j'ai volée.

Luventius : Et qui t'a collé trois s'maines ?

Manilius : Procyon.

Luventius : Oh ! Tu veux faire du cachot en prime ?

Manilius : Pardon, Aulus Milonius Procyon.

Luventius : J'comprends pas il m'a rien dit.

Manilius : P'tet qu'il a changé d'avis ?

Luventius : C'est ça ouais. Bougez pas d'là vous deux. J'vais lui poser la question.

Luventius sort du bureau.

Manilius : Qu’est-ce que tu as fait toi ?

Arturus : J’ai refusé de taper Papinius à l’entrainement, tu le saurais si t’était venu !

Manilius : Pourquoi ?

Arturus : Parce que je veux pas taper sur Papinius.

Manilius : Nan mais pourquoi ? Si c’est un ordre !

Arturus : Parce que je veux pas !

Manilius : C’est pas tellement à toi de choisir.

Arturus : Dis donc, je sais pas si tu es le mieux placé pour me donner des conseils.

Falerius : Mani t’es là ?

Manilius : Qu’est-ce qu’il y a ?

Falérius: T’es demandé au parloir, et passe par les toits, y’a du monde dans la cour.

Manilius: C’est qui ? C’est Licinia ?

Falérius: Ouais, j’en ai plein le dos de faire le messager pour toi et ta gonzesse, un jour je vais me faire gauler avec tes conneries !

Manilius enlève sa tunique et la donne à Arturus.

Manilius: Tiens tu peux me prendre ça ?

Arturus: Qu’est-ce que tu veux que j'en foute ?

Manilius: Ca daube, c’est plein de sueur, je peux pas la voir avec ça !

Arturus: Non non mais c’est pas que la tunique qui daube, c’est tout l’ensemble ! Je te signale que Luventius va revenir et t’es pas censé te barrer du bureau !

Manilius: Tu trouveras un truc à dire …

Il quitte le bureau.

Falerius: Et toi, tu te fais pourrir à cause de ce matin ?

Arturus: Ouais ! 

Falerius: Ouais moi non plus j’aime pas quand on se tape dessus entre nous… Seulement..

Arturus: Seulement quoi ?

Falerius: Seulement si on suit pas les ordres… Luventius ….

Arturus se redresse au garde-à-vous.

Luventius: Bon effectivement, il t’a mis trois semaines de … Ben où il est ?

Arturus : C’est-à-dire qu’il a été obligé de s’absenter à cause de sa cheville…

Luventius: Tu te fous de moi ? (Il voit la tunique de Manilius sur son bureau) Et ça ?

Arturus : Euh ouais il a laissé sa tunique.

Luventius : Pourquoi faire ?

Arturus : Je sais pas.

Luventius : Bon, ben il est pas près de sortir prendre l’air celui-là ! Falerius, va me chercher Manilius et au trot … (à Arturus) Bon …. Qu’est-ce qui t'a pris de discuter mes ordres ?

Arturus : Je suis désolé.

Luventius : On veut pas taper sur son copain Papinius c’est ça? Sur un champ de bataille, on n'a pas le temps de réfléchir je te signale, on te dit de taper, tu tapes !

Arturus : Enfin sur un champ de bataille, j’ai quand même peu de chance de tomber contre Papinius.

Luventius : T’as fini oui ? Papinius ou un autre, tu fais ce qu’on te dit et c’est tout !

Arturus : Enfin quand même un coup à la trachée.

Luventius : Et alors ? ça peut te sauver la mise le coup à la trachée ! Il faut le travailler le coup à la trachée.

Arturus : Oui mais pas sur Papinius!

Luventius : Mais Papinius on s’en fout, ça n’existe pas Papinius, c’est rien, c’est anonyme Papinius … Tu vises la trachée et t’envoies … L’autre il peut plus avaler, il tombe et terminé !

Arturus : Bah oui terminé, j’vais pas buter Papinius quand même…

Luventius : On en meurt pas forcement du coup à la trachée crétin.

Arturus : Ben je suis désolé mais j’y arrive pas !

Luventius : J’en ai marre de ta tronche Arturus, t’es balèze en stratégie parce que tu passes ton temps à lire, mais tu réfléchis trop pour un soldat ! Je sais pas ce qu’on va faire de toi mon pauvre vieux ! Allez fous le camp. Et … (il lance la tunique de Manilius) tu rendras ça à ton pote, et t’en profiteras pour lui dire qu’il est bon pour deux jours de cachot, ça lui apprendra à quitter mon bureau sans ma permission.

***

 

Sur les toits de la caserne, Manilius rejoint les écuries pour parler à Licinia.

Manilius : Licinia ! Licinia!

Licinia : Ben quand même.

Manilius : Quoi quand même ? C’est pas facile figure-toi !

Licinia : Moi non plus c’est pas facile, ça fait une semaine que je t’ai pas vu, qu’est-ce que tu fous ?

Manilius : Je me fais sucrer toutes mes permissions voilà ce que je fous.

Licinia :Toutes les permissions de la semaine ?

Manilius : Exactement ouais.

Licinia : Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Manilius : Je me suis fait prendre en train de piquer de la bouffe, de la bouffe pour toi en plus.

Licinia : Quand est-ce que tu pourras sortir maintenant ?

Manilius : Je sais pas, ils ont pas encore décidé, et il faut que j’y retourne maintenant ! Parce que si ils me trouvent ici, c’est toutes mes perms de l’année qui sautent !

Licinia : Taches de trouver un moyen Mani parce que je te jure c’est dur là.

Manilius : Tu piques de la bouffe ?

Licinia : Je pique un peu, sauf qu’au marché ils commencent à connaitre ma tête !

Manilius : Tu fais pas le tapin ?

Licinia : Non, je fais pas le tapin, mais si je trouve pas une solution va peut-être falloir que je m’y mette ! Bon j’y vais…

Manilius : Attend attend …

Licinia : Mais j’y vais, il y a une patrouille.

Manilius : Licinia !!

Licinia s’enfuit dans la rue avant que la patrouille arrive.

***

 

Dans le Sudatorium.

Servius: Sallustius s’il te plait, ne me dis pas que tu prends ces pignoufs au sérieux ! Aujourd’hui tu leur donnes la Bretagne, demain ils te demanderont autre chose ! Ce qui compte pour eux c’est d’emmerder le monde !

Sallustius : Ça me préoccupe Servius, ça me préoccupe.

Servius: Ils connaissent rien à la politique, rien à la défense, rien à rien … Desticius la seule chose qui l’intéresse c’est de savoir combien il va toucher, Flaccus il est bourré vingt-quatre heures sur vingt-quatre..

Sallustius : Si j’ai pas leur soutien, Ravel centralisera toutes leurs décisions à la mort de César. Voilà ! Pour conserver un pouvoir exécutif romain j’ai besoin de ces abrutis, c’est aussi simple que ça mais ça me coûte, par Minerve, ça me coûte.

Servius: Tiens… Lurco !

Lurco arrive dans le Sudatorium, et s’adresse à Sallustius.

Sallustius : Tiens, t’avais pas fini tout à l’heure au Sénat ? C’est juste l’entracte ?

Lurco : Dis-moi, Sallustius, l’épée des Rois, ça t’évoque quelque chose ?

Sallustius : L’épée des Rois ? non !

Lurco : Une légende bretonne, une vieille épée coincée dans un rocher que seul l’Elu des Dieux arrive à retirer ? A ton avis, pourquoi est-ce que tous les chefs qu’on essaye de placer chez ces tarés sont pas foutus de fédérer le pays ?

Servius: Parce qu’ils sont romains !

Lurco : Non ! Non, c’est parce qu’ils ont pas l’épée des rois ! Chez ces cons le Roi peut être romain, sassanide, chinois, ce qu’il compte c’est qu’il ait l’épée des Rois ! Si tu te débrouilles pour la récupérer cette épée, tu mettras qui tu voudras à la tête du pays ! … Qui tu voudras …. Tu y penses à ça ? (Lurco commence à partir du sudatorium, puis fait demi-tour et revient s’asseoir à côté de Sallustius. Il rit) Je pars un peu comme un pet là, mais j’aime bien le côté « je viens donner un renseignement énigmatique et pis hop là je fous le camp" ! C’est dramatique !

Il part du Sudatorium, laissant Sallustius et Servius en plan.

***

 

Dans les rues de Rome.

Sallustius : Dis donc, on reçoit encore des nouvelles de Bretagne ?

Servius: Pfff.

Sallustius : Ben on reçoit ou on reçoit pas ?

Servius: Si jamais on en reçoit en tout cas moi je les lis pas !

Sallustius : Qu’est-ce que tu penses de cette histoire de légende là ?           

Servius: Je pense que tout ce qui vient de Lurco, je m’en méfie comme de la peste !

Sallustius : Essaye de te renseigner.

Servius: Me renseigner ?

Sallustius : Humm.

Servius: Et comment je fais, moi ?

Sallustius : Trouve un Breton !

Servius: Ah ben ouais c’est simple ça !

Sallustius : Bien sûr c’est simple, regarde …Voilà notre glorieuse cité cosmopolite, regarde .. carrefour de civilisations, hôtesse orgueilleuse de peuplades fascinées, regarde ! On nous reproche assez qu’il ne reste plus de vrais Romains non ? … Allez trouve un Breton .. trouve !

***

 

A la caserne de la milice.

Caius arrive dans le bureau de Glaucia.

Caius : Ave.

Glaucia : Ah ben quand même.

Procyon : Quand on t’appelle tu radines, tu fais pas de détour.

Caius : Ben j’ai pas fait de détour !

Glaucia : Tu as une permission ce soir ?

Caius : Ben oui …

Glaucia : Eh ben t’en as plus ! Il y a une fête Villa Aconia, on m’a demandé un service d’ordre, c’est toi qui fera les entrées... Allez barre-toi !

Caius part du bureau.

Procyon : Non mais je comprends pas, je croyais que vous vouliez qu’on y aille …

Glaucia : Pour picoler ouais, pas pour faire le service d’ordre !

Ils mangent et entendent un bruit …

Glaucia : Tiens, l’autre con qui revient !

Procyon: Qu’est-ce que tu as oublié, débile ?

Servius entre dans le bureau, Glaucia et Procyon, gênés, se lèvent.

Glaucia : Ave Publius Servius Capito, tu avais demandé un rendez-vous ?

Servius: Non, j’ai pas envoyé de fleurs non plus !

Glaucia : Qu’est-ce qui nous vaut l’honneur ?

Servius: Je viens consulter le registre.

Glaucia : Le registre ? Euh de la caserne ?

Servius: Ben tant qu’à faire ouais !

Glaucia : Ah ben mais euh … (à Procyon) On en a un de registre ?

Procyon: C’est possible !

Servius: En tout cas quand je t’ai laissé la boutique il y en avait un ! Et à jour !

Glaucia : Ouais mais tu me l’a laissée il y a quinze ans la boutique, je peux pas t’assurer que tout soit resté à la même place ! Le registre euh …

Procyon :On s’en sert pas tellement du registre !

Servius: Surtout si vous savez pas où il est !

Glaucia : Dis-moi plutôt de quoi t’as besoin !

Servius: Du registre !

Glaucia (à Procyon): Bon ben vas-y !

Procyon: Vas-y où ?

Glaucia : Ben chercher le registre !

***

 

Dans le couloir.

Caius et Manilius attendent de rentrer dans le bureau de Glaucia.

Manilius : Allez dis-le …

Caius : Le …

Manilius : C’est où la Villa machin?

Caius : Je te dirai pas.

Manilius : Caius, t’as l’occasion de nous faire rentrer dans une fête de riches … arrête de faire ta grosse chienne et dis-nous où c’est !

Caius : De toute façon tu n’as même pas ta perm alors …

Manilius : M’en fous de la perm ! M’en fous je fais le mur. Je parie qu’il y aura des tables pleines de bouffe là-haut… du gibier, des petits pains, du dessert…

Caius : Tu vas me foutre dans la merde Mani …

Manilius : De toute façon ta perm est déjà sucrée, qu’est-ce que tu veux qu’il t’arrive de plus ?

Caius: Des coups de fouet !

Manilius : Mais non … allez c’est où ?

***

 

Procyon débarque au coin du couloir avec le registre entre les mains.

Procyon : Du premier coup je l’ai trouvé, c’est pas du bol ça ?

Caius : Ben il a trouvé quoi ?

Manilius : Change pas de conversation ! C’est dans le quartier des villas c’est ça ?

Caius: Encore ?

Manilius : Oui ou non ?

Caius :   Ben oui puisque c’est une villa !

Manilius : C’est une villa avec des colonnes ou sans colonnes ?

Caius: Je te le dirai pas.

Manilius : C’est une grande villa ou une petite villa ?

Caius: Je te dirai pas !

Manilius : De toute façon des villas avec des colonnes il y en a pas cinquante !

Caius : Est-ce que je t’ai dis qu’il y avait des colonnes ?

Manilius : Il y en a pas ?

Caius : Si !

Manilius : Ah !!

Caius : Oh tu fais chier !

Manilius : C’est celle avec la fresque bleue ?

Caius semble s’énerver … Manilius est triomphant.

***

 

Retour dans le bureau de Glaucia.

Servius et Glaucia regardent le registre.

Glaucia : Et tu dis que ça date de quand ?

Servius: Ben du début de mon poste, il y a une quinzaine d’années. Les petits gamins de cinq ou six ans, il me semble qu’il y en avait un des deux qui venait de l’île de Bretagne ! (à Procyon, lui tendant une fiche) Tiens vas me chercher celui-là.

Glaucia (à Procyon) : Grouille !!

Servius: Mais depuis quand tu n’inscris plus personne là-dedans ?

Glaucia : Depuis quand euh ..

Servius: Mais tu savais pas où il était, ça veut dire que tu t’en sers plus ! Quand est-ce que tu as arrêté ?

Glaucia : Ben mais euh … j’ai jamais commencé.

Procyon revient avec Falerius.

Falerius : Ave.

Glaucia : On a besoin de savoir d’où tu viens !

Falerius : D’où je viens ?

Servius: N’ai pas peur et répond.

Falerius : Euh Syracuse.

Procyon lui donne une gifle derrière la tête.

Procyon : Détourne pas la conversation, Syracuse c’est en Bretagne ou pas ?

Servius: Bon, est-ce que tu connais un autre soldat qui serait arrivé en même temps que toi ? Du même âge ?

Falerius : Bah il y a peut-être Arturus, on a deux ans de différence.

Glaucia : Foutez le camp me le chercher.

Procyon ramène Falerius et part chercher Arturus.

Servius: Pardon mais s'il était arrivé la même année, il serait sur la page d’avant ou la page d’après !

Glaucia : Et il y est pas ?

Servius: Ben non !

Glaucia : Ça c’est les souris ça ! Regarde il y a d’autres feuillets qui sont tout mangés !

Servius: Ça s’enferme les registres !

Glaucia : Ah bon ?

Servius: Ouais et les trous-du-cul qui font pas leur boulot ça s’enferme aussi !

Procyon revient avec Arturus.

Glaucia : Ah le voilà ! Allez dis-nous d’où tu viens !

Arturus : Comment ?

Glaucia : D’où tu viens ?

Arturus : Ben du dortoir !

Glaucia : Mais où t’es né crétin, t’es pas dans le registre !

Servius: Eh doucement là !!!!!!! (à Arturus) Est-ce que tu es né sur l’île de Bretagne ?

Arturus : Sur l’île de Bretagne ? Je sais pas !

Glaucia : Ah tu sais pas où t’es né ?

Arturus: Ben c’est-à-dire que moi j’ai toujours plus ou moins été ici !

Glaucia : T’as pas toujours été ici, on accouche pas des gonzesses ici ! T’es né quelque part avant d’être ici !

Servius: Bon t’as aucun souvenir ?

Arturus : C’est-à-dire quelques trucs quoi … un barbu …

Glaucia : Un barbu ?

Arturus : Ouais un grand barbu mais franchement c’est vague …

Servius: Le nom de ton père c’est quoi ?

Arturus : Je sais pas !

Servius: Ton nom à toi c’est quoi ?

Arturus : Arturus !

Servius: Arturus quoi ?

Arturus : Arturus c’est tout ! Si euh .. nan il me semble que … je crois que j’ai pris un bateau.

Glaucia : Un bateau ?

Servius: Ouais quand on vient de Bretagne on prend le bateau ! (à Arturus) Bon, hé ben tu vas venir avec moi !

Arturus : Où ça ?

Procyon : Pose pas de question, tu iras où on te dira d’aller !

Servius: Allez viens !

Arturus sort du bureau avec Servius.

Glaucia : Ave Servius … et hésite pas hein, si t’as autre chose à me demander !

***

 

Dans Rome, en bas de chez Licinia.

Licinia : Nan mais oh, tu me prends pour une auberge ou quoi ?

Vérinus: Bah une ou deux nuits, je te demande pas souvent quelque chose quand même?

Licinia : Mais t’as rien à me demander, je suis pas ta sœur.

Julia : Bon attendez, si c’est pas possible, c’est pas possible …

Verinus: Attends, toi tu te laisses faire chérie, tu te calmes un petit peu (à Licinia) Ecoute, la petite vient d’arriver en ville, elle connait personne à part moi !

Licinia : Eh ben justement, pourquoi tu l’héberges pas toi ?

Julia : Ah non quand même, je le connais pas !

Licinia : Oh mais moi non plus tu me connais pas !

Verinus: Oh bah on se connait quand même un petit peu maintenant biquette !

Julia : Bon dis donc, on se connait pas assez pour que tu m’appelles biquette !

Verinus : Bon ok …. Bon disons que c’est compliqué là !

Licinia : Oh et là c’est pas compliqué peut-être ? C’est tellement petit que j’ai même pas de table … Tu me diras ça tombe bien j’ai rien à bouffer là !

Verinus: Eh ben voilà tiens, tu me loges ma copine et je te trouve un morceau d’agneau !

Licinia : Un morceau comment ?

Vérinus : Un beau morceau !

Licinia : Que ça fasse aussi pour Manilius, il vient aussi me voir.

Verinus: Putain, un morceau pour deux ?

Licinia : Ben non un morceau pour trois, la copine elle va pas nous regarder bouffer !

Verinus (à Julia):  Hé ben voilà, tu as gagné toi …. Allez donnes-moi ton sac ! Heu nan tiens prends-le j’ai déjà le citron moi !

***

 

Dans le bureau de Sallustius.

Servius: Tu veux boire quelque chose ? Détends-toi !

Arturus : Euh comme vous voulez.

Servius: C’est toi qui me dis.

Arturus : Bah je sais pas, qu’est-ce qu’on peut demander ?

Servius: Ce que tu veux.

Arturus : Bah du lait de chèvre alors.

Servius fait signe à un garde d’aller chercher ce qu’Arturus désire.

Sallustius : Bon, alors… Comme ça tu es Breton ?

Servius: A priori il est Breton, il a aucun souvenir de la Bretagne !

Sallustius : Ben s'il a aucun souvenir de la Bretagne, pourquoi tu me l’as amené alors ?

Servius: Ben vous me demandez un Breton, je vous ramène un Breton !

Sallustius : L’épée des Rois, ça te dit quelque chose ?

Arturus : L’épée des Rois ?

Servius: Une épée qui est coincée dans un rocher !

Arturus : Hé oui, c’est … ça doit être un genre de tradition, quand on est gamin on doit tirer une épée d’un rocher.

Sallustius : Ah bon … Mais tu l’as déjà vu faire ?

Arturus: Oui, enfin je me souviens vaguement hein, elle est plantée dans un rocher, on tire dessus, ça fait des flammes, et y’a du monde autour … comme un genre de fête quoi !

Un serviteur amène le lait de chèvre à Arturus.

Servius: Mais quand on la retire… on devient pas Roi ?

Arturus : Roi ? Ah non non je vous dis … c’est une tradition, quand on est gamin on tire sur une épée. Après je sais pas à quoi ça correspond …

Il boit une gorgée de lait de chèvre.

Sallustius : Mais je comprends pas… Tous les gamins font ça ?

Arturus : Ben oui je l’ai fait moi !

Sallustius : Ah … Mais les autres gamins tu les a vus faire aussi ou pas ?

Arturus : Je sais plus … je me souviens qu’il a fallu me porter .. parce qu’elle était trop haute.

Sallustius : Mais comment ça ? Qui t’a porté ?

Arturus : Un barbu !

Servius: Encore ?

Arturus : Non mais c’est le même.

Sallustius : C’est qui ce barbu ?

Servius: Ben justement il sait plus.

Arturus : Je sais plus.

Sallustius : J’sais plus ?

Servius: Bon Arturus, tu vas retourner à la caserne, et si on a besoin de toi on viendra te chercher !

Arturus finit d’une traite son lait de chèvre.

Servius (à Sallustius) : Quoi il faut que j’aille chercher un autre Breton ?

***

 

Dans son dortoir.

Arturus est seul, pensif. Falerius arrive pour lui parler.

Falerius : Ah mais t’es là ! Alors qu’est-ce qu’ils voulaient ?

Arturus : J’en sais rien.

Falerius : Qui c’est qu’ils cherchent ?

Arturus : J’en sais rien, ils m’ont posé des tas de questions sur la Bretagne. Qu’est-ce que tu veux que je leur raconte moi ? Comment tu fais pour te souvenir de ton bled de naissance toi ?

Falerius : J’suis allé voir dans le registre une fois.

Arturus : Ah oui, moi j’y suis même pas dans le registre !

Falerius part.

***

 

Dans une pièce du Palais.

Sallustius : Bon ben je crois qu’il va falloir aller en Bretagne … On va pas y couper.

Servius: En Bretagne, vous croyez qu’on a bien le temps de faire ça ?

Sallustius : Ca je sais pas si on a le temps, moi en tout cas c’est sûr que non, ça j’ai pas le temps mais toi … ça me semble jouable.

Servius: C’est pas vrai !

Sallustius : Je suis désolé mais il faut que je puisse avoir une idée précise de ce qui se passe sur place … Servius.

Servius: On a qu’à leur demander de nous envoyer un compte-rendu, ça sera plus simple.

Sallustius : Tu les lis jamais les comptes-rendus Servius … Tu les lis jamais. Bon alors, nan je veux que tu y ailles pour t’imprégner …

Servius: Que je m’imprègne de quoi ?

Sallustius : Hé ben de l’ambiance … de..

Servius: Je la connais l’ambiance, c’est un front. Ils sont devant le mur d’Hadrien et ils poirotent. L’ambiance elle est pourrie c’est tout . Pas besoin de ça pour m’imprégner ! (Une missive arrive pour Servius) Tiens… Flaccus et Pisentius nous ont laissé un message.

Sallustius : Où ça ?

Servius : Bah heu .. ici… Ils nous ont laissé un message.

Sallustius : Mais pourquoi ils sont pas rentrés?

Servius : Ben je sais pas, ils ont préféré laisser un message !

Sallustius : Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?

Servius : Ils veulent savoir où on en est pour la Bretagne !

***

 

Dans les rues de Rome.

Manilius va chez Licinia, il l’appelle du bas de chez elle.

Manilius : Licinia ! Licinia !

Licinia : Mais c’est toi ? Je croyais que tu avais plus de permission.

Manilius : Je me suis démerdé.

Licinia : Tu t’es démerdé ? Tu as fait le mur ouais.

Manilius : Hé faudrait savoir, t’es pas contente quand j’suis pas là, t’es pas contente quand j’suis là …

Licinia :  J’suis pas forcement contente à l’idée que tu te prennes des coups de fouets figure-toi !

Manilius : J’suis venu te chercher, ce soir ma belle on s’en met jusque-là.

Licinia : Où ça ?

Manilius : Dans une villa de gros bourges, avec une fiesta à tout pêter ! On va s’en mettre plein le bide.

Licinia : T’es invité dans les fêtes de bourges toi maintenant ?

Manilius : T’inquiète, j’ai tout prévu !

Licinia : Oui mais le truc c’est que là je peux pas, je suis pas toute seule.

Manilius : Comment ça t’es pas toute seule tu te fous de moi ?

Licinia : Mais ça va, c’est une fille… Tiens viens à la fenêtre, sinon il va me faire une attaque.

Manilius : Qui c’est celle-là ?

Licinia : Un cadeau de Verinus.

Manilius : Eh ben on l’embarque, elle aime pas bouffer ta copine ?

Julia : Je vais pas aller à une fête comme ça, j’ai même pas de mec.

Manilius : Merde c’est pas vrai, on va pas louper une occasion pareille … J’vais lui en trouver un d’mec moi !

Licinia : Ben qui ?

Julia : Un mec un peu bien quand même …

Licinia: Tu vas demander à qui ? Arturus ?

Manilius : Ouais ! J’suis pas sûr qu’il vienne, je vais le chercher je reviens !

Licinia : Nan mais …et le couvre-feu ?

Manilius ne l’entend pas, et part chercher Arturus à la caserne.

Julia: Il est comment ?

Licinia: Arturus ? Bah pour une fête ça va !

***

 

Dans le dortoir de la caserne.

Tous les soldats font leur sieste. Papinius arrive dans le dortoir.

Papinius : Arturus ! Il y a Mani au parloir…

Arturus : Au parloir ? Qu’est-ce qu’il fout au parloir ?

Papinius : J’en sais rien, mais faut que t’y ailles, sinon ça va être de ma faute et je vais encore me faire engueuler.

Arturus : Dis donc, quand est-ce que tu va comprendre que tu n’a pas à te faire engueuler par Manilius toi ?

Papinius : Nan moi ça me fait rien.

Arturus : Ca te fait rien ?

Papinius : Non, Mani il décide des trucs, alors des fois ça l’énerve quand ça va pas assez vite … Moi je décide rien, alors c’est normal que de temps en temps je me fasse engueuler. Non ?

Arturus : Non quoi ?

Papinius : Ben toi tu préfères décider des trucs ou te faire engueuler ?

Arturus part du dortoir, traverse la cour de la caserne et rejoint Mani au parloir.

Arturus : Oh … Quoi ?

Manilius : Allez viens on s’en va … Je t’emmène à une fête.

Arturus : A une fête, où ça ?

Manilius : Dans une putain de villa de bourges.

Arturus : T’es invité aux fêtes dans les villas de bourges toi ?

Manilius : Nan …. Mais attend, c’est Caius qui tiens l’entrée, qu’est-ce qu’on risque ?

Arturus : On risque de se faire gauler en traversant la ville sous le couvre-feu déjà !

Manilius : C’est bon, c’est pas la première fois qu’on le fait … Allez merde, on va bouffer, on va baiser, c’est quand même pas tous les jours !

Arturus : J’ai déjà bouffé !

Manilius : T’as bouffé de la merde !

Arturus : Ouais mais j’ai déjà bouffé.

Manilius : Ouais mais on va baiser aussi ! T’as déjà baisé toi ? Allez viens c’est quand même pas tous les jours !

Arturus : Sans déconner tu ne peux pas baiser et bouffer sans moi ?

Manilius : Nan ! Parce que je veux emmener Licinia, et que si tu viens pas l’autre conne elle vient pas et Licinia non plus.

Arturus : Qui l’autre conne ?

Manilius : L’autre conne …. Mais une fois arrivé là-bas, si tu as pas envie avec elle, tu vas avec une autre. Elle veut pas arriver toute seule c’est tout !

***

 

Dans les rues de Rome.

Manilius est en bas de chez Licinia, il lance des cailloux à la fenêtre pour la prévenir qu’il est là.

Manilius : Licinia …. Licinia ….

Arturus : Oh tu vas te grouiller oui ?

Manilius : Ca répond pas je vais pas gueuler !

Arturus : Mais monte les chercher …

Manilius : C’est fermé !

Licinia ouvre la fenêtre.

Licinia :  Ah mais c’est toi !

Manilius : Ca fait une heure que j’appelle …

Licinia : Oui ben je descends ! Et Arturus il est pas venu ?

Manilius : Il fait le pet …

Arturus : Il fait le pet oui, vous avez intérêt à vous grouiller parce qu’Arturus dans deux minutes il est parti !

Manilius : Ta gueule !!!!

Manilius rentre chez Licinia.

Arturus : Oooh, mais où tu vas ?

Dans l’entrée de chez Licinia.

Licinia (lui montrant des vêtements) : Ca, ça va ?

Manilius : Ouais ça c’est bon ! (en montrant les vêtements de Julia) Ca ouais c’est bon ça ..

Julia : T’es sûr qu’il est là ton copain ?

Manilius : Mais oui, allez. (en voyant le diadème de Julia) C’est quoi ça ?

Julia : Ben c’est pour mettre dans les cheveux ….

Manilius : Nan mais c’est blanc ...

Julia : C’est quoi ?

Manilius : Blanc, je préfère éviter.

Licinia : Nan mais c’est bon, elle le gardera planqué jusqu’à ce qu’on arrive.

Julia : Moi j’ai les jetons de me balader pendant le couvre-feu …

Manilius : Attend, Arturus et moi on connait presque tous les chemins de patrouille, on risque rien !

Julia : Pourquoi on doit se cacher sous un truc noir alors ?

Manilius : Au cas où, allez c’est parti !

Ils sortent de chez Licinia, et rejoignent Arturus qui est toujours dehors.

Arturus : Mais qu’est-ce que tu glandais ! J’ai failli me tirer moi !

Manilius : Donc voilà c’est Arturus et …

Julia : Julia !

Manilius : Julia.

Julia : Ah ben ça va ...

Arturus: Qu’est-ce qui va ?

Julia : Ben il est pas trop dégueu, je croyais que j’allais tomber sur un truc heu …

Arturus : Quel truc ?

Manilius : J’ai rien dit moi !

Licinia : Nan mais c’est moi qui ai dit !

Arturus : Qu’est-ce que t’as dit ?

Licinia : J’ai dit que ça allait.

Julia : Ouais mais quand tu l’as dit, ça faisait plus heu …

Arturus : Plus quoi ?

Licinia : Ca faisait plus rien, j’ai dit que ça allait c’est tout…

Manilius : Bon, mais du coup, ça te va ou ça te va pas ?

Julia : Si, si carrément ça me va !

Arturus : Ouais t’es sûre hein, sinon tu me dis ….

Une patrouille approche, tous se cachent sous leurs capes noires.

Arturus : Parce que moi en attendant, personne ne me demande si ça va !

Manilius : Allez, vous vous engueulerez en chemin !

Ils partent vers la villa …. et évitent une patrouille encore une fois cachés derrière des colonnes.

Manilius : On passe derrière les colonnes ?

Arturus : Pour quoi foutre ?

Manilius : Tu préfères devant les colonnes ?

Arturus : Je préfère ni devant ni derrière, faut passer par là-bas !

Manilius : Ca nous rallonge par là-bas, c’est par là qu’on va nous!

Licinia : Mais vous engueulez pas !

Julia : Vous faites trop de bruit !

Arturus : Nan, mais parce qu’on a plus de chance de tomber sur une patrouille en passant par les colonnes que par là-bas !

Manilius : C’est pour ça que je veux passer par derrière !

Arturus : Mais pourquoi tu me demandes alors ?

Manilius : Hé ben je te demande pas, allez on y va !

Ils déambulent dans les rues de Rome en direction de la villa.

Manilius : La prochaine elle arrive par où ?

Arturus : J’en sais rien.

Manilius : T’en sais rien ?

Arturus : Non, j’en sais rien, c’est pas moi qui organise les rondes !

Julia : Quoi, vous savez pas d’où arrive la prochaine patrouille ?

Licinia : Mais c’est pas vrai !!!

Arturus : Déjà, elle est par où ta villa ?

Manilius : Elle est pas loin …

Arturus : Je te demande pas si elle est loin, je te demande par où on va ?

Manilius : On coupe.

Arturus : On coupe, on coupe quoi ?

Manilius : Foutez-moi la paix, et suivez ! (Manilius part en courant)

Julia : On traverse comme ça en plein milieu ?

Arturus : Ben de toute façon oui, on va pas se séparer !

Licinia : Et la patrouille ?

Une patrouille approche, ils se cachent. Une fois la patrouille partie, ils se remettent à courir et arrivent devant la villa Aconia.

Manilius : Bon, ça doit être celle-là.

Arturus : Comment ça, ça doit ?

Julia : Mais il y a de la musique …

Manilius : Nan mais à priori, c’est celle-là.

Arturus : Comment ça « à priori » ?

Manilius : A moins qu’il y ait une autre fête dans une autre villa, ça doit être celle-là. Le seul truc c’est qu’il faudrait qu’on soit sûrs que ce soit Caius à l’entrée !

Arturus : Attends, attends, c’est maintenant que tu te demandes si c’est Caius à l’entrée ?

Manilius : Nan mais c’est lui, seulement imagine qu’il y ait une relève, on tombe sur un qu’on connait pas, boum il appelle la garde, on est cuit.

Licinia: Bon alors qu’est-ce qu’on fait ?

Manilius : Faudrait que quelqu’un passe la tête discrètement pour vérifier que c’est Caius.

Arturus : Parce que tu t’imagines que ça pourrait être quelqu’un d’autre que toi ?

Il passe la tête et voit Caius en poste devant l’entrée de la villa.

Manilius : C’est bon, c’est lui.

Caius : Il y a quelqu’un ? (Tous sortent de leur cachette) Oh non, c’est pas vrai, je croyais que tu avais changé d’avis !

Manilius: Moi, nan mais sûrement pas !

Caius : Oh mais vous venez à combien ?

Arturus : Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

Manilius : C’est toi qui paye les repas ?

Caius : Nan mais faire rentrer une ou deux personnes, c’est quand même un peu plus discret que d’en faire rentrer quatre !

Licinia : Bah à cette heure-ci dans les fêtes, ça fait longtemps qu’ils sont beurrés !

Manilius : Mais bien sûr, on pourrait rentrer à trente, il nous verraient même pas.

Caius : En tout cas vous faites pas les cons, commencez pas à gueuler ou à piquer des trucs parce que moi je suis responsable !

Arturus : Oooh responsable !

Manilius : Attends t’es responsable des entrées quoi, et puis si il y a un problème, c’est bien qu’on soit là, tu nous appelles !

Caius : Ouais, alors pour ça il faudrait vraiment qu’il y ait une sacré tuile, parce que s'il y a un truc que j’ai plus envie de voir, c’est vos tronches !

Ils rentrent dans la villa.

***

 

Dans la villa.

Ils commencent à regarder comment la fête se passe, et constatent que tout le monde a trop bu.

Manilius: C’est encore mieux que ce que je croyais ! On va commencer par bouffer comme des malades, on va picoler, et après on prendra le temps de vérifier qu’on s’entend toujours aussi bien !

Licinia : Fait quand même gaffe à ton ventre, on n'a pas l’habitude nous !

Manilius : On va s’y faire !

Manilius et Licinia partent s’installer, Julia et Arturus restent ensemble. Julia demande à Arturus s'il peut lui mettre son diadème.

Julia : T’as plutôt faim, ou t’as plutôt envie de baiser ?

Arturus: Ben là j’ai plutôt faim !

Julia : Et quand tu auras plus faim, tu comptes taper dans les filles qui sont là ou ..

Arturus : Ben je sais pas, et toi dans le tas de gros porcs, il y en a un qui te tente ou pas ?

Julia : Heu honnêtement si on pouvait s’arranger tous les deux !

Arturus : Bon ben allons bouffer déjà.

Julia et Arturus partent s’installer.

***

 

Au camp fortifié du Mur d’Hadrien.

Cordius entre dans la tente de Macrinus.

Cordius : Ca y est, il a reçu les lingots.

Macrinus : Et ?

Cordius : Hé ben il prend la nuit pour réfléchir … et si demain à l’aube les lingots ne sont pas revenus, c’est qu’il accepte le traité de paix.

Macrinus : Et si les lingots reviennent … c’est qu’on se prend une attaque dans l’après-midi !

Cordius : Ben ouais, ouais …. Ça fait quand même un beau paquet de pognon hein .. pourquoi vous voulez qu’il refuse ?

Macrinus : Parce qu’il nous aime pas !

Cordius : Nan, nan mais il aime vraiment le pognon …

Macrinus: Faudrait aussi qu’il baisse son froc devant les autres ….

Cordius : Moi ce qui m‘inquiète le plus, c’est cette histoire de serment là. Vous croyez qu’un type comme ça peut tenir parole ?

Macrinus : Faut être drôlement futé pour rompre un serment Cordius …

Cordius : Hum ….

Macrinus :… lui il est con comme ses pieds.

Cordius : Ouais …

Macrinus : Si il promet il tiendra parole !

Cordius : Hum …. Vous voulez goûter le ….

Macrinus : Nan, nan, nan.

***

 

A la Villa Aconia.

Arturus et Julia sont en train de manger.

Julia : Ca fait combien de beignets que tu manges ?

Arturus : Je sais pas, trente …

Julia : T’as vomi ?

Arturus : Non pas encore !

Julia : Toi aussi t’es militaire ?

Arturus : Ouais.

Julia : Dans la Légion ?

Arturus : Nan, dans la milice urbaine.

Julia : Et ça te plait ?

Arturus : Bof.

Julia : C’est quoi qui te plait ?

Arturus : Je sais pas, plutôt la stratégie… les mouvements de cohorte, les machines de guerre.

Julia : Dans ta caserne, ils t’apprennent ça ?

Arturus : Un peu ouais, p'is je lis les récits des généraux.

Julia : Tu sais lire ?

Arturus : Un peu …

Julia : Tu viens d’où?

Arturus : De l’île de Bretagne !

Ils s’embrassent.

Julia : Ca te dis de faire une pause avec la bouffe ?

Arturus : Allez ouais !

***

 

Au camp fortifié du Mur d’Hadrien.

Dans la tente de Macrinus.

Macrinus: Une nuit, une nuit à attendre, une longue nuit avant de savoir si le souverain ennemi acceptera un traité de paix si fragile, si friable, qu’on aurait même de la peine à le prendre au sérieux. Des solutions précaires, du rafistolage, voilà tout ce que j’ai su inventer. La Bretagne résistait quand je suis arrivé, elle résistera encore quand je partirai … Je ne saurais dire pourquoi, je conserve encore, rescapé de mon découragement, une curiosité: existe-t-il quelqu’un parmi nous déjà, ou encore à naitre, qui se destine à restaurer l’ordre sur l’île de Bretagne? Et s’il existe, que peut-il bien posséder que je ne possède moi-même ? D’où vient-il ? Est-il Romain ? Quelle arme tient-il à sa ceinture ? Celui qui vaincra, là où j’ai échoué, je voudrais voir son visage, une fois. Car je lui conserve encore, rescapé de mon découragement, ma curiosité.

***

 

Au campement militaire de Carmélide, chez le Roi Goustan.

Goustan : Ah non, je suis humilié, moi qui croyait que le Romain respectait ses ennemis. Hé ben non, voilà encore une belle désillusion. S’il croit que c’est avec une mentalité pareille qu’ils vont fédérer le pays, on leur rend leur fric, on remonte sur les chevaux, et on leur met sur la gueule. D’un autre côté, restituer une telle quantité de blé, ça frise le mauvais goût. Désolé, ça ne se fait pas ! Ne serait-ce que par respect envers les plus nécessiteux. Bon alors après, il y a le serment… Si je garde le blé, j’attaque pas, hé ben voilà, je garde le blé, j’attaque pas ! Un serment c’est sacré !  Oui mais ce qui m’ennuie, c’est que c’est pile le jour que j’avais choisi pour vous passer le pouvoir ! C’est quelque chose, les dates. Je garde le blé, j’attaque pas, je suis sous serment. Mais vous, maintenant que vous êtes Roi de Carmélide, s’il vous prend l’envie d’aller leur dérouiller le cul, je ne vois vraiment pas comment je pourrais vous en empêcher !

Léodagan sort de la tente.

Léodagan: Hé les gars, vous savez ce qu’on bouffe ce soir ? Du Romain !!!

Tous hurlent de joie.

***

Rédigé par chris52 pour HypnoKaamelott

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