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#608 : Lacrimosa

Le mariage arrangé entre Arthur et Guenièvre va être célébré, en présence de Bohort, Karadoc, Perceval, Loth et leurs familles respectives. Lancelot, devant l'apparition de la reine, est pris d'un malaise...

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Première diffusion
31.10.2009

Plus de détails

Casting de l'épisode

Alexandre Astier : Arthur
Lionnel Astier : Léodagan de Carmélide
Jean-Marc Avocat : Titus Nipius Glaucia
Frédérique Bel : Helvia
Jackie Berroyer : Pellinor
Lou Bonetti : Licinia
Carlo Brandt : Méléagant
Valeria Cavalli : Aconia Minor
Jacques Chambon : Merlin
Patrick Chesnais : Lucius Sillius Sallustrius
Thomas Cousseau : Lancelot
Marion Creusvaux : Julia
Antoine de Caunes : Dagonet
Pascal Demolon : Spurius Cordius Frontinius
Josée Drevon : Ygerne de Tintagel
Caroline Ferrus : Mevanwi
Frédéric Forestier : Aulus Milonius Procyon
Brice Fournier : Kadoc
Nicolas Gabion : Bohort
Anne Girouard : Guenièvre
Michelle Goddet : Acheflour
Anouk Grinberg : Anna de Tintagel
Jean-Christophe Hembert : Karadoc de Vannes
Alexis Hénon : Galessin d'Orcanie
Tchéky Karyo : Manius Macrinus Firmus
François Levantal : Publius Servius Capito
Jean-Robert Lombard : Père BlaiseS
téphane Margot : Calogrenant de Calédonie
Emmanuel Meirieu : Appius Manilius
Pierre Mondy : Caesar Imperator
Philippe Morier-Genoud : Bohort de Gaunes
Claire Nadeau : Cryda De Tintagel
Philippe Nahon : Goustan de Carmélide
Manu Payet : Verinus
Franck Pitiot : Perceval de Galles
François Rollin : Loth d'Orcanie
Joëlle Sevilla : Séli
Claire Wauthion : Evaine

ILE DE BRETAGNE - 15 ANS AVANT KAAMELOTT.

Arthur et Manillius marchent dans la forêt, le nouveau roi a l'air soucieux.

Manillius : T'as pas l'air dans ton assiette.

Arthur : Ah nan mais je l'suis pas.

Manillius : Qu'est-ce qui va pas ?

Arthur : Nan mais tu l'fais exprès ? J'me marie dans un quart d'heure.

Manillius : C'est une formalité.

Arthur (murmure) : Une formalité...

Manillius : Un mariage politique, c'est tout, ça doit pas t'atteindre... Ca doit t'faire le même effet que d'signer un bout d'papier.

Arthur : Sauf que c'est pas un bout d'papier, c'est un mariage.

Ils s'assoient sur une souche d'arbre.

Arthur : ... Avec une fille que j'ai vaguement croisé, y a trois jours... j'sais même pas comment elle s'appelle...

Manillius : Guenièvre.

Arthur : Nan mais ça va je sais...

Manillius : Tu m'dis qu'tu sais pas.

Arthur (agacé) : Bon merde, hein, voilà.

Manillius (après un temps) : ... On peut s'parler deux minutes ?

Arthur : Ben qu'est-ce qu'on fait d'autre ?

Manillius : On a un problème avec ton alliance.

Arthur : Quelle alliance j'croyais qu'y avait pas besoin d'alliance ici ?

Manillius : Nan mais l'alliance de ton mariage à Rome.

Arthur : Quoi ?? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Manillius : J'l'ai paumée.

Arthur ouvre la bouche mais aucun son n'en sort. Choqué et énervé il tente de se contenir, puis se prend la tête entre les mains, avant de les joindre devant lui.

Arthur : P'tain j'aurais dû la garder, j'aurais dû la garder en plus on s'en fout ils savent pas c'que c'est une alliance romaine ici !

Il pose sa tête contre son poing et se balance d'avant en arrière.

Manillius : Voilà comme ça c'est dit, on peut passer à autre chose ?

Arthur : T'as paumé mon alliance ?!

Perceval (arrivant) : J'dérange ?

Arthur : Ah c'est vous...

Perceval : ... Sire. "J'dérange, Sire". Faut que j'm'y fasse.

Arthur : J'peux faire quelque chose ?

Perceval : Ah nan mais c'est moi qui peut faire quelque chose.

Arthur : Ah bon.

Perceval : Ben ouais, j'me doute que vous êtes nerveux et tout hein. Alors j'me suis dit, comme la dernière fois ça avait bien collé entre nous, j'vais l'soutenir un peu. C'est vrai nan ? Sinon à quoi ça sert les amis ?

Arthur : ... Les amis, mais oui...

Perceval : Ben ouais.

Manillius : ... Bon j'vais vous laisser.

Arthur (mi-voix) : Non non.

Manillius : Ben si.

Arthur (sourire forcé, insiste) : Non.

Perceval (à Mani) : Vous aussi vous vous mariez ?

Manillius :  Comment ?

Perceval : Vous vous mariez pas vous ?

Manillius : Bah non.

Perceval : Ah bon, moi non plus.

Arthur et Mani se regardent.

                                                                                  

GENERIQUE

 

TOUJOURS DANS LA FORÊT.

Le mariage s'est déroulé dans une petite clairière. On entend de la musique retentir. Des guirlandes de fleurs passent d'arbre en arbre, les tables sont pleines de nourriture et tous les personnages sont coiffés d'une couronne de fleurs. Ils discutent entre eux. Arthur et Guenièvre s'éloignent de la foule. Le nouveau souverain mange un fruit tandis que la Reine paraît un peu déçue.

Arthur : Bon, ben voilà, c'est fait.

Guenièvre : Ouais, c'est fait. C'est passé drôlement vite hein.

Arthur : Ouais, en même temps... c'est p'tet pas utile que ça dure deux heures non plus...

Guenièvre : Non mais bon... (sourire triste) j'ai même pas eu l'temps de me placer d'vant l'prêtre que c'était déjà fini.

Arthur : Ben voilà, vous êtes Reine.

Guenièvre : Ah oui, j'avais pas fait l'rapprochement.

Arthur : Le rapprochement... entre quoi et quoi ?

Guenièvre : Ben, entre le fait d'épouser le Roi, et de devenir Reine.

Arthur : Ben pourtant quand même...

Guenièvre : Oui oui nan c'est... Mais je pensais pas à ça. (un temps) Pardonnez-moi mais j'était plus absorbée par votre tête en fait.

Arthur : Ma tête ? Qu'est-ce qu'elle avait ma tête ?

Guenièvre : Ben... je sais pas... ça vous aurait coûté cher un p'tit sourire à un moment... ? Enfin excusez-moi, je pense que j'ai pas le droit de parler au Roi comme ça.

Arthur (embarrassé) : Nan nan nan mais... vous avez raison. Vous avez parfaitement raison d'ailleurs... j'trouve même rien à dire, tellement j'me sens con... En même temps j'peux pas tellement revenir en arrière...

Guenièvre (souriant) : Non mais moi quand j'était petite, j'imaginais que... mon époux me prendrait dans ses bras et me porterait pour m'emmener loin loin... c'est pour ça...

Arthur (gentil) : Vous voulez que j'vous porte ?

Guenièvre : Ah ben non... (réfléchit) Oh et puis si tiens, j'veux bien.

Arthur jette le fruit qu'il mangeait et attrape sa femme.

Arthur : Un deux trois... !

Elle s'accroche à son cou et il la soulève.

Guenièvre (heureuse) : Ah... !

Arthur : Bon après j'sais pas si j'peux vous emmener loin loin loin....

Guenièvre : Oh non mais ça va comme ça, c'est pas mal...

Arthur :  ... P'tet vous faire faire un p'tit tour par là ou...

Guenièvre : Oui nan nan mais ça va, j'suis pas mal.

Arthur : Pas mal ?

Guenièvre : Ben ouais c'est pas mal, on m'l'a jamais fait...

Arthur : Bien.... Qu'est-ce que j'fais je... vous pose ?

Guenièvre : Ah non !

Arthur : Non...

Guenièvre : Oh bah non...

Arthur (murmure) : D'accord...

Guenièvre regarde le ciel en souriant, Arthur se positionne pour garder un bon appui sur ses jambes.

***

 

Plan sur Léodagan, Calogrenant, Séli et Goustan en train de manger.

Calogrenant : C'était un beau mariage.

Tous le regardent.

Calogrenant : Si c'était un beau mariage !

Goustan : Mariage de merde.

Séli : Ah ben non p'tet pas non, quand même...

Léodagan (hésitant) : Ah...

Séli : Non c'était... voilà... Ni plus ni moins.

Léodagan : Ah c'était bien pourri quand même. J'me d'mande même s'il était pas encore plus pourri que l'notre.

Calogrenant : Il était beau votre mariage à vous.

Re-regards dans sa direction.

Séli : Dites si y a quelque chose qui tourne pas rond allez vous allonger hein.

Léodagan : Vous en avez vu combien des mariages vous ?

Calogrenant : En tout ?

Léodagan : En tout.

Calogrenant : Deux. Le votre et... et celui-là.

Séli : Ben dites-vous qu'c'est pas des références.

Calogrenant : J'sais pas moi, avec les fleurs j'ai trouvé ça.. ça m'a plu. C'est pour ça que j'dis qu'c'était un beau mariage.

Goustan : Mariage de merde.

Léodagan : Mariage de merde peut-être pas, mais c'était quand même bien pourri.

Goustan : C'était d'la merde.

Léodagan (réfléchit) : ... Ouais.

Séli : ... Faut admettre...

Goustan : Et la bouffe aussi c'est d'la merde. C'est un friand au paté ça ?!

Séli : Possible...

Goustan : Pff on dirait d'la merde. (A Séli) Eh ! J'peux avoir une omelette aux champi ?

Séli sourit.

***

 

Plan sur Bohort et ses parents, un peu à l'écart des autres.

Bohort Père : Qu'est-ce que c'est que cette fiesta d'bouseux ? Ils ont plus un rond en Carmélide ou quoi ?

Evaine : Ce qui compte, c'est que ce soit fait avec coeur.

Bohort Père : Est-ce que c'est pour autant obligé de ressembler à un congrès d'clodos ?

Bohort : Père, un mariage est sacré, il est soumis au jugement des Dieux.

Bohort Père : Bon sang... qu'est-ce qui foutent les Dieux ?! Y a pas matière à intervenir là ??

Evaine : Ne blasphèmez pas je vous en prie !

Bohort : Et puis vous critiquez un mariage royal, je me permets d'vous l'rappeler !

Bohort Père : Eh ben vous faites bien, parce que royal là... j'devais être mal placé parce que j'ai rien vu.

Evaine : Il suffit vous allez nous faire remarquer !

Bohort Père (à son fils) : J'aurais bien voulu voir votre tête si j'vous avais servi une nouba aussi tartignole à votre mariage !

Evaine : Nous ça n'a rien à voir, sur le continent il y a toujours plus de raffinement. Sur l'île, on est toujours un peu plus loin d'tout !

Bohort : C'est vrai qu'ici... ils ont quand même un bon côté gros cons !

Sa mère le dévisage. Bohort semble soudain inquiet et regarde son père.

Bohort : Oh, pardon père !

Bohort Père : Non non, moi j'suis d'accord.

***

 

Plan sur Karadoc et Mevanwi qui font s'asseoir Lancelot au pied d'un arbre.

Karadoc : Asseyez-vous asseyez-vous !

Mevanwi : Et tachez d'respirer !

Karadoc : Vous avez mangé quelque chose au moins ?

Mevanwi : Vous voulez un peu d'eau ?

Lancelot (au bord du malaise) : Oh mon Dieu... !

Karadoc : Quoi mon Dieu ?

Lancelot : Quelle beauté ! Mais quelle beauté !

Karadoc : Quoi le mariage ?

Mevanwi : Ah les mariages ça fait toujours un petit quelque chose...

Karadoc : Eh, à propos, vous avez devant vous ma future femme !

Mevanwi : Et à qui ai-je l'honneur ?

Karadoc : Mon sauveur ! S'il avait pas été là hein à l'heure qu'il est je s'rais mort de faim ! Et vous vous seriez promise à une vie d'merde parce qu'obligée d'vous marier avec un gland ! En gros vous lui devez tout !

Lancelot (en état de choc) : Quelle beauté... mais quelle beauté !

Karadoc : Qui ? Ma future ? Voyez, j'suis content d'vous l'entendre dire, parce que j'l'ai présentée au Seigneur Perveval il l'a trouvée à gerber.

Lancelot : Quel est son nom ??

Mevanwi (flattée) : Heu... Mevanwi. Tout d'même c'est gênant...

Lancelot : Non la mariée ! Quel est son nom ?!

Karadoc : Ah mais Guenièvre !

Lancelot : Guenièvre...

Mevanwi (s'en va) : Ouais bah du coup c'est super gênant.

***

 

Plan sur Merlin et Manillius. Ils sont en face du Père Blaise, qui se tient quant à lui debout. Ils sont eux aussi en train de manger.

Manillius : Désolé mais vous l'avez chié votre mariage. Ce s'rait rien si c'était pas juste la deuxième fois.

Merlin : C'est vrai qu'vous êtes nul. On aurait dû faire un mariage druidique.

Blaise : Ah un mariage druidique ? A la pleine lune, avec les chouettes crevées et les barbus qui tapent sur des bouts d'bois ?!

Merlin (vexé) : Ah le clicheton !! Les mariages druidiques c'est des vraies fêtes andouille, vos mariages chrétiens c'est tout sérieux, on dirait des réunions d'constipés !

Manillius : Chut ! ... Après y a p'tet des mariages chrétiens qui sont un peu moins foirés...

Blaise : Normalement, dans un mariage chrétien y en a pas un sur deux qui est déjà marié.

Merlin : Chut !

Blaise : Ouais chut ouais. Faudrait voir à pas l'oublier ça.

Manillius : Vous êtes un gros nul.

Blaise : Eh, 'voulez qu'j'aille voir Léodagan et que j'lui dise que sa fille vient d'se marier avec un général Romain ?!

Merlin et Manillius : Chut !!

Blaise : Ouais ben méfiez-vous.

Manillius : Gros nul.

Merlin : Couillon.

Blaise : (à Mani) Péteux, (à Merlin) ringard.

Ils font semblant de sourire aux autres, l'air de rien.

***

 

Plan sur Guenièvre heureuse d'être toujours dans les bras d'Arthur, alors que ce dernier semble souffrir le martyr.

Arthur (souffle) : Faut qu'je pose.

Guenièvre (petite voix) : Non !

Arthur (lutte) : Faut qu'je pose.

Guenièvre : Non non...

Arthur : Faut qu'je pose...

Guenièvre : Mais non...

Arthur lutte, souffle, tremble, grimace... puis finit par laisser tomber Guenièvre par terre, elle crie. Il respire, se penche en arrière, son dos craque. Sa femme se relève, Arthur et elle s'éloignent tant bien que mal.

***

 

Plan sur un faon se baladant à l'orée de la clairière. On entend la voix de la demi-soeur d'Arthur.

Anna : J'vais l'tuer. J'vais l'tuer, j'vais l'tuer, j'vais l'tuer.

A l'écart des autres, Anna regarde droit devant elle. Son mari est couché dans l'herbe, Galessin est assis à ses côtés.

Loth : Allons allons, douce amie, y a meilleur parti à tirer de cette pathétique pantalonnade. Soyons futés.

Anna ricane.

Galessin : Soyons futés ?

Loth : Non mais pas vous. Vous vous pouvez rester tsoin-tsoin comme d'habitude, futés c'est pour nous.

Anna : Nan mais je cherche pas à être futée je vais le tuer.

Galessin : Mais vous voyez bien que c'est un pitre...

Loth : Il n'est au courant de rien, il ne comprend rien... c'est une marionnette.

Anna : C'est un fils d'assassin.

Loth : Il a jamais connu son père.

Anna (plus que méprisante) : Batard, et fils d'assassin ; je vais le tuer.

Loth (se redresse) : Bon, moi c'que j'en dis, c'est que, si vous arrivez à contenir vos élans, et à me laisser gérer tout ça à ma sauce, on pourrait bien se retrouver à la tête du Royaume en moins de temps qu'il n'en faut pour dire 'putsch'. (rit) J'aime assez ce petit ton décalé...

Anna : Le seul truc qui m'gène c'est que... ma mère va p'tet gueuler.

Ygerne : Vous croyez pas si bien dire.

Plan sur Ygerne et sa soeur Cryda qui viennent d'arriver. Elles regardent Anna, collées l'une à l'autre.

Anna (surprise) : Mère...

Loth : Ah, voilà qui est piquant !

Ygerne : C'est votre frère que vous projetez d'assassiner ?

Anna : Demi-frère. (insiste sur 'demi')

Loth : Ah oui, ça elle y tient beaucoup. Une fois malencontreusement j'ai dit 'votre frère', votre salope de fille m'a renversé une pleine soupière de bouillon sur toute la zone génitale. Ca m'a littéralement cuit les boules. Vous remarquerez à quel point ça m'est égal de parler de mes noix à ma belle-mère, famille de tarées !

Cryda : Alors si vous tenez vraiment à tuer quelqu'un, débarrassez-nous donc du sanglier boulimique qui vous sert de mari.

Loth : Il est Roi d'Orcanie, le sanglier boulimique, chère madame. Attention à ne pas tendre inconsidérément le climat entre nos deux pays.

Ygerne : Je suis mère du Roi, risible cornichon, je peux vous faire écarteler d'un signe de tête !

Cryda : Allez, vous devriez mettre les bouts, les demi-sels ! C'est gentil d'être passés ! On va vous faire un p'tit sac avec des restes pour manger chez vous.

Anna : Vous allez virer votre propre fille ?!

Ygerne : A partir du moment où elle projette de tuer mon fils, oui.

Cryda : Allez, déblayez, les paysans !

Anna (vexée, menaçante) : Ca ça s'paiera. (s'en va)

Loth (se lève) : Moi, je la suis, parce que je suis très amoureux ! Salut belle-maman.

Galessin le suit, ils font quelques pas.

Loth : 'Mundi Placet, Et Spiritus Minima'. Ca n'a aucun sens mais on pourrait très bien imaginer une traduction du type 'le roseau plie, mais ne cède... qu'en cas d'pépin'. Ce qui veut rien dire non plus.

Ils s'en vont avec désinvolture, sous les regards froids de la mère et de la tante d'Arthur.

***

 

Arthur et Merlin discutent dans la forêt. Soudain les parents de Perceval font irruption dans les bois et Pellinor se dirige en courant vers eux.

Pellinor: Hé sire!Sire! Salut les artistes. Alors qu'est ce qu'on fait là on danse ou on fait nos pédales? (Merlin et Arthur écarquillent les yeux)

Acheflour : Vous êtes fou qu'est ce qui vous prend ?

Pellinor: Hein? Oh je … (mal à l'aise) Pardon je suis désolé sire je suis tellement intimidé d'avoir à vous parler que, je me suis dit on va la jouer détendu...

Arthur: Oui qu'est ce que je peux faire pour vous ?

Pellinor: On a quelque chose de très important à vous dire.

Acheflour: Secret.

Merlin: Vous voulez que je parte ?

Pellinor: Bah non vous allez répéter le secret à tout le monde.

Merlin: Non mais si je pars avant de savoir le secret ?

Pellinor: Ah heu... Après je me rends pas compte.

Acheflour: C'est à propos de notre fils sire.

Arthur : Votre fils c'est le seigneur Perceval c'est ça ?

Acheflour: Oui sire. (se tient plus droite, souriante)

Pellinor: C'est à propos des cercles de culture.

Arthur: Des ?

Merlin: (chuchote) Cercles de culture. C'est des grands cercles décorés qui se dessinent spontanément dans les champs de blé. En tant que breton vous êtes censé savoir ça !

Arthur: Des cercles qui se dessinent spontanément ? (les parents de Perceval les écoutent parler avec curiosité)

Merlin: (chuchote) Tous seuls. Ils apparaissent tous seuls. Personne sait comment ils arrivent. Enfin personne... (indique le ciel du regard)

Pellinor: Figurez-vous...

Acheflour: Là c'est secret. Faut que le druide parte.

Merlin: Je fous le camp ?

Arthur: Allez-y. (Merlin part)

Pellinor: Bon je... Heu je vais essayer de faire court avec des mots biens choisis. (Arthur hoche la tête, compréhensif, et le dévisage)

Acheflour: (le devance) Perceval n'est pas notre fils c'est mon époux qui l'a trouvé bébé, un matin, au milieu d'un cercle de culture.

Pellinor : Voilà. J'aurais pas mieux dit.

Arthur: (dépassé) … D'accord très bien. (croise les bras) Et qu'est ce que, pardon mais qu'est ce que je suis censé faire de ça au juste ?

Acheflour: Il nous a semblé important de vous tenir informé, peut-être que vous pourriez être encouragé à, à apporter une attention particulière à ce jeune homme. (Elle lui sourit. Arthur hoche la tête et regarde dans le vide. Mal à l'aise, il ne sait pas quoi répondre.)

***

 

Camp des chefs de clan. Guenièvre et Arthur sont seuls dans leur tente. Le nouveau roi se plaît à regarder droit devant lui tandis que la reine est plus que nerveuse.

Guenièvre: Bon bah moi je vous le dis j'ai la trouille !

Arthur: La trouille ?

Guenièvre: Bah oui parce que là c'est un peu le moment où ça...

Arthur: Où ça vous fout la trouille ?

Guenièvre: Bah écoutez je je connais pas vraiment le détail, mais j'en sais assez pour avoir la trouille en tout cas.

Arthur: Hé ben on le fait pas. On fait rien.

Guenièvre: Comment ? (se tourne vers son mari)

Arthur: Vous me dites vous avez la trouille. Si vous avez la trouille on le fait pas. Voilà hein.

Guenièvre: Mais on, on peut faire ça ?

Arthur: Faire quoi ?

Guenièvre: Bah rien justement.

Arthur: On fait bien ce qu'on veux. On est à la tète du pays je vous rappelle.

Guenièvre: Mais il faut pas faire un héritier là ou je sais pas quoi ?

Arthur: L'héritier on fera bien ça une autre fois, vous savez...

Guenièvre: Non mais alors, on fait rien ?!

Arthur: Bah non. Du coup ça va?Vous êtes rassurée ?

Guenièvre: … Ah bah. Oui. Ou alors on le fait!Comme ça on est débarrassé ?

Arthur: Ah oui mais non moi je peux pas. Non là je peux pas maintenant que je sais que vous avez pas envie.

Guenièvre: Non mais je pourrais peut-être avoir envie !

Arthur: Vous allez pas avoir envie d'un truc vous savez pas ce que c'est.

Guenièvre: Bah je pourrais avoir envie de savoir ce que c'est. (sourit, gênée)

Arthur: Mais moi ça m'a coupé les jambes de savoir que vous aviez la trouille, vous comprenez?Non il faut que, voilà, il faut que je réfléchisse un peu, faut que je me pose voilà et que je me demande si je suis vraiment prêt à faire ça avec quelqu'un qui de son côté a la trouille. Comprenez ? (la reine hoche la tête, compréhensive)

Guenièvre: Ah oui oui... (ferme les yeux) Non je suis désolée...

Arthur: Non non y a pas de mal.

Guenièvre: Bon. Bah on dort alors ?

Arthur: Comme vous voulez.

Guenièvre : Ou alors on discute !

Arthur: Comme vous voulez.

Guenièvre: Bah on pourrait discuter ! (sourire et rire gêné)

Arthur: Bah.

Guenièvre: Par exemple... Bah avant de me marier avec vous hein, il a fallu que je révise toute la généalogie de la famille de mon père pour bien la connaître. (Arthur écarquille les yeux, dépassé par la gouaille de sa femme) Alors bon bah, déjà y a mon père hein ça voilà... (rit)

Arthur: (rit faussement) Oui voilà... Oui voilà. Parfait hé bah écoutez on dort hein.

Guenièvre: Ah non non mais j'ai pas fini.

Arthur: Ah pardon.Je croyais. J'avais entendu...Oui … Oui mais vous finirez demain c'est pas grave.

Guenièvre: Hein. Voilà. Ah bon ?

Arthur: Bah oui. Parce que là si vous voulez j'ai un petit peu peur que... Vos parents nous entendent en fait. Discuter. Et comme on est carrément censé faire autre chose... Voyez.

Guenièvre: (pose sa main sur celle de son époux et rit, mal à l'aise) Ah oui.

Arthur: (faux rire) Voilà. C'est ça.

Guenièvre: Bah. Ils sont pas censés nous entendre faire autre chose du coup ?

Arthur: Ah oui non mais autre chose... J'ai envie de dire on pourrait très bien faire ça... Sans bruit.

Guenièvre: Ah bon ?

Arthur: Ah bah oui.

Guenièvre: Donc on on le fait sans bruit. (cherche à comprendre)

Arthur: Voilà. Non on le fait pas. Ça ça change pas. (la dévisage avec dureté) Mais, ça pourrait être du sans bruit voyez donc il faut qu'on...

Guenièvre : Ah. Oui. D'accord.

Arthur: Bonne nuit. Du coup.

Guenièvre: Ah bah oui bonne nuit.

Arthur: Voilà.

Guenièvre: Voilà.

Arthur: (se tourne de son côté du lit et ferme les yeux) En toute simplicité. (Guenièvre fixe le vide, choquée par ce qui vient de se passer)

***

 

Les chevaliers marchent dans les collines. Il neige. Le roi est équipé d'un arc et de flèches.

Arthur: C'est sympathique chez vous seigneur Dagonet mais ça caille un peu quand même.

Dagonet: Parce qu'on est haut !

Lancelot : On attrape tout le vent du nord sur ce versent.

Dagonet: Ceci dit je suis même pas sûr qu'on soit chez moi ici.

Arthur: Comment on est déjà plus chez vous là ?

Dagonet: Mon père arrêtait pas de me bassiner avec ses terres... Domaine Dagonet. Et j'ai jamais été foutu de savoir ce qu'était chez moi ou pas.

Lancelot: Comment on fait pour savoir si on peut construire une forteresse ici alors ?

Dagonet: Ah bah vous la construisez où vous voulez votre forteresse. Moi à partir du moment où je sais pas si c'est chez moi...

Arthur: De toute façon on va pas la construire ici la forteresse.

Lancelot: Quoi ?! C'est pas ce que vous avez dit tout à l'heure ?

Arthur: Non mais si mais...Non mais moi j'ai dit ça voilà on est passé à côté d'une zone en surplomb, c'était marrant... Mais façon ça caille trop je pourrai jamais supporter.

Dagonet: Par contre pour ceux qu'aiment la chasse, c'est censé foisonner de bestioles dans le coin.

Lancelot: Y a un sacré paquet de gibiers empaillés chez vous en tout cas. Bravo !

Dagonet: Non mais ça c'est encore l'héritage de mon gland de père. Je serais pas foutu de toucher une biche morte à cinq pieds.

Arthur: Ah ! Ah oui d'accord c'est pour ça qu'on parle pendant qu'on chasse c'est pas une tradition. C'est juste que... Bah vous savez pas chasser en fait.

Dagonet: Non mais je je sais qu'il faut me taire. Mais déjà que ça me gonfle, si en plus j'ai pas le droit de parler...

Perceval: Hé ! Regardez ce qu'on a choppé nous ! (le gallois et Goustan ont capturé l'aide de camp de Manilius et l'amènent au roi et à ses chevaliers)

Goustan : C'est pas vrai je l'ai choppé tout seul!Lui il est arrivé après.

Perceval: Qui c'est qui l'a surveillé pendant la moitié du chemin ?

Goustan: Vous l'avez gardé trente secondes le temps que je pisse. Il a même failli foutre le camp.

Lancelot: Un romain. Vous voyez finalement on aura quelque chose à empailler. (le romain grimace)

Dagonet: Qu'est ce qu'il est venu fiche ici celui là?D'habitude ils s'aventurent pas dans le coin les romains.

Perceval: Il est tout seul en plus ! C'est bizarre ou pas ?

Goustan: Il est peut-être un peu con hein! D'où tu viens débilos ?

Cordius : Attention. Comme je vous ai déjà dit je compte vraiment pas vous parler. A moins que vous envisagiez de la torture alors là évidemment...

Arthur: Bon vous allez me laisser seul à seul avec lui.

Lancelot: Ah bon?Pourquoi ? Qu'est ce que vous allez en faire ?

Goustan: Vous allez pas me l’abîmer hein!Parce que moi j'ai promis de ramener quelque chose à mes chiens pour qu'ils s'amusent avec. (Cordius est écœuré)

Arthur: Non non mais je vais le cuisiner doucement pour voir un peu ce qu'il a dans le ventre. De la psychologique. Vous vous allez m'attendre un peu plus loin. (ses hommes ne bougent pas, il les fixe longuement)

Dagonet: Ah d'accord. Donc vous êtes le roi, et il faut qu'on fasse ce que vous dites. Non parce que ça fait tellement longtemps qu'on est en roue libre nous...

Lancelot: On risque de mettre un petit moment à se discipliner. (Ils partent. Arthur saisit Cordius par le col et le traîne près d'un arbre. Les deux hommes vérifient qu'ils sont seuls, avant que le roi ne se tourne avec fureur vers son second.)

Arthur: Qu'est ce que vous foutez là?Vous êtes dingue ?!

Cordius: Mais je suis désolé je suis en train de foutre en l'air votre mission d'espionnage.

Arthur: Mais qu'est ce qui vous a pris ?

Cordius: Hé ben une urgence.

Arthur: Mais ça pouvait pas attendre que je revienne non ?

Cordius: Bah non y a un sénateur qu'arrive au camp.

Arthur: Quoi ?

Cordius: Un sénateur à l'improviste. Alors d'après le message le bateau va atteindre les côtes d'un moment à l'autre. Alors moi je suis venu vous chercher parce que si vous êtes pas là pour l'accueillir...

Arthur: Attendez vous venez me chercher vous êtes parti du camp, comme ça, au flanc, en pensant me tomber dessus ?

Cordius: Bah n’empêche que je vous suis tombé dessus... (rit bêtement)

Arthur: Vous m’êtes pas tombé dessus vous vous êtes fait choper. Qu'est ce que je vais leur dire aux autres moi maintenant ? (Cordius ouvre la bouche et se fait interrompre par le roi) Qu'est ce que je vais inventer comme excuse bidon pour pas vous buter ? (moment de silence tendu)

Cordius: Bah je sais pas. En même temps quand on espionne on est amené à improviser souvent non ? (le roi est exaspéré)

Arthur: Bon écoutez... Rentrez au camp, et puis bah je vais voir ce que je peux faire. Ouais.

Cordius: Et vous arrivez quand ?

Arthur: Bah je... Arrive quand j'arrive. Voilà.

Cordius: Hein parce que va falloir que vous preniez le temps de remettre votre uniforme, parce que vous allez pas recevoir le sénateur comme ça ? (Arthur ferme les yeux, furieux)

Arthur: Bon écoutez je verrai sur place l'uniforme. Foutez le camp. (Cordius se tait et part en vitesse)

***

 

Arthur se dirige vers ses hommes, qui discutent avec animation.

Lancelot: Hé ben il est où ?

Arthur: Non mais j'ai préféré le laisser repartir finalement. Je l'ai renvoyé à son chef avec un message.

Goustan : C'est pas vrai ! Qu'est ce que je vais donner à mes chiens moi maintenant ?

Dagonet: Quel message ?

Arthur: Bah comme quoi y a un nouveau roi et que celui-là il compte bien prendre les choses en main.

Dagonet: J'ai pas bien connu votre père mais de ce que je sais il aurait jamais laissé filer un romain lui.

Goustan: Sûrement pas.

Arthur: Bah oui mais moi je suis comme vous je suis pas comme mon père. Encore si y en avait eu deux j'aurais pu en buter un pour impressionner l'autre mais là !

Perceval: (accoudé à un arbre) Non mais je l'ai déjà impressionné moi! Je lui ai expliqué une nouvelle technique de combat. (le roi se tourne vers lui) On se bat à moitié à mains nues, et à moitié avec du calcium. Je peux vous dire qu'il faisait pas le malin. (Goustan, Lancelot et Dagonet le dévisagent avec consternation. Ils regardent ensuite le roi, qui lui-même dépassé par la bêtise de son nouveau chevalier, ne sait que répondre.)

***

 

Cordius est revenu au camp et fait face au sénateur Servius, qui se tient debout dans la tente de commandement.

Cordius : Heu parce que nous on nous avait annoncé...

Servius : Ah. Parce qu'on vous l'avait annoncé quand même ?

Cordius: La visite d'un sénateur. Mais comme le message il est arrivé très tard...

Servius: D'accord. Donc vous on vous annonce l'arrivée d'un sénateur, et puis vous foutez le camp. Plus personne dans la boutique, pas un officier, là rien. Même pas un centurion.

Cordius: Non mais du coup y en a un de sénateur ou pas ?

Servius: Oui y en a un oui. Je l'ai collé dans la tente du général. Qu'est pas là non plus d'ailleurs. Où est ce qu'il est Arturus ? Comment ça se fait qu'il soit pas à son poste ?

Cordius: Ah mais il arrive d'un moment à l'autre... D'ailleurs il vous présente ses excuses.

Servius: Sans rire vous foutez quoi là dedans là?Pourtant vous croulez pas sous les visites diplomatiques il me semble!Une fois tous les dix ans vous pouvez donner un coup de balai non ?!

Cordius: Ah oui non mais là, c'est vrai qu'on a été pris de court.

Servius: Je demande pas l'orchestre et les gonzesses mais quand même, bon...

Cordius: D'autant que les orchestres en Bretagne franchement, autant se frotter les noyaux avec des orties. (rire gêné)

Servius: M'enfin faut pas exagérer y a même pas une chaise pour s’asseoir !

Cordius: Ah bah là une chaise, franchement je pense que je vais pouvoir vous trouver ça.

Servius: Bon. Bah tu vas t'occuper du sénateur Sallustius maintenant. Il faut qu'il mange.

Cordius: Qu'il mange ?

Servius: Ouais qu'il mange ouais.Pourquoi y a rien à grailler non plus ? (effaré)

Cordius: Bah je vais voir ce que je peux faire heu mais honnêtement, c'est pas gagné hein ! (Servius est furieux et sur le point d'imploser) Sinon vous... D'accord. (Cordius salue son supérieur et sort précipitamment de la tente)

***

 

Les deux amis marchent dans les bois.

Manilius : Tu crois que c'est Sallustius ?

Arthur: J'en sais rien.

Manilius: Si c'est pas Sallustius tu crois que ça pourrait être qui ?

Arthur: J'en sais rien.

Manilius: Tu vas te pointer habillé comme ça devant le sénateur ?

Arthur: … J'en sais rien.

Manilius: Tu vas leur dire quoi que tu désertes ?

Arthur: (se retourne brusquement) Non mais sans déconner arrête. Mais arrête enfin tu vois bien que j'ai pas de plan !

Manilius: Tu crois pas qu'il en faudrait un ?

Arthur: Je cherche mais t’arrête pas de me couper avec tes questions!Un plan ça ça se goupille un peu.

Manilius: Il est pas compliqué le plan hein. Faut éviter de se faire buter par ton beau-père ou par le sénateur. Alors tu désertes ?

Arthur: Évidemment que je déserte. Le tout est de savoir si je déserte aujourd'hui ou, ou pas. Je vais pas déserter, comme ça non plus !

Manilius: Tu veux déserter comment ?

Arthur: Avec un plan. (quelques secondes passent)

Manilius: Tu remarques que je te coupe pas avec des questions.

Arthur: (réfléchit intensément) Bon tu vas retourner vers les autres, et tu vas leur demander de t'aider à réunir le plus de bretons possible.

Manilius : Le plus de bretons possible ?

Arthur: Voilà.Tous ceux que vous pourrez trouver. Attention parce que vous avez que quelques heures.

Manilius: En quelques heures on va pas faire des miracles.

Arthur: Hé ben vous ferez ce que vous pourrez. Vous me les réunissez sur la plage où on a accosté, tiens, voilà. Et puis moi j'arrive dès que je peux.

Manilius: Tu comptes faire quoi avec tes bretons ?

Arthur: Impressionner un sénateur. (Il se dirige vers le camp, tendu. Manilius part dans la direction opposée, et soucieux, suit son ami du regard.)

***

 

On ne voit pas Arthur dans les premières minutes de cette scène, on entend seulement sa voix.
Sallustius : (affalé sur un fauteuil, occupé à manger du raisin) Ah! Arturus. (pointe ses vêtements) Qu'est ce que, qu'est ce que c'est que cet accoutrement ?Hein ?

Arthur: Ah ça. C'est... Parce que je suis en mission d’infiltration.

Sallustius: D’infiltration ? Mais pour, pourquoi tu prends pas tes espions ?

Arthur: Oh ! Chais pas. J'aime pas trop déléguer.

Sallustius: Oui. M'enfin va bien falloir t'y mettre un peu non ?

Arthur: Vous avez fait bon voyage ?

Sallustius: Très bon très bon ouais. Enfin non d'ailleurs je sais même pas pourquoi je dis très bon j'ai, j'ai dégobillé pendant toute la traversée.

Arthur: Désolé.

Sallustius: (sec) Alors cette épée ? Cette épée?Tu l'as ou tu l'as pas ? (Arthur dégaine brutalement son épée, qui brille de mille feux. Il vient s'asseoir près du sénateur, qui est pétrifié de peur.)

Arthur: Je l'ai je l'ai.

Sallustius: Bah dis donc c'est c'est c'est drôlement drôlement impressionnant hein. Alors les chefs de clan la fédération ça te semble bien parti ou ?

Arthur: C'est en cours. Ils ont rendez-vous tout à l'heure à la plage pour signer le traité.

Sallustius: Mm bien bien!Bien ! T'as pas t'as pas chômé dis donc hein. (rit)

Arthur: Bon. Bon bon bon. Je vais y aller en avance vous me rejoignez ? (il sourit mais ses yeux sont glacials)

Sallustius: Où ça ?

Arthur: A la plage. Mon aide de camp Spurius Cordius Frontinius vous indiquera le chemin, et vous vous n'aurez plus qu'à, poser votre petite griffe, et hop dans la poche la Bretagne. (regarde son épée)

Sallustius: Bon bah d'accord. (touche ses vêtements du doigt) Mais tu, tu vas, tu vas y aller habillé comme ça ?

Arthur: Oui c'est, c'est pour les flatter un peu. Je me pointe habillé en breton ça les mettra dans de bonnes dispositions pour la signature.

Sallustius: (rit et se penche vers le jeune homme) Ah d'accord ! (Arthur rit faussement) Très malin, t'es t'es très malin Arturus. T'es vraiment vraiment très malin.Hein ? (le regarde se lever)

Arthur: Bon. Vous venez dans trois heures ? (part)

Sallustius: Trois heures. On y sera. (ton grave, il semble déboussolé par l'attitude de son subordonné)

***

 

Plage. Tout le peuple breton s'est déplacé pour voir le nouveau roi. Les gens continuent à arriver. Un peu à l'écart, Manilius et Père Blaise discutent avec animation.

Manilius : Non mais pour le moment vous leur dites qu'ils se mettent sur le côté.

Père Blaise : D'accord, et pour les autres ?

Manilius: Quels autres ?

Père Blaise : Et bah ceux qui se proposaient de...

Manilius: Non mais non ! On on a pas besoin de mecs qui jonglent.

Père Blaise : Là en l’occurrence on a heu des jongleurs deux trapézistes (fixe un point sur la plage) et un type qui chante une chanson avec ses fesses.

Manilius : Ouais ! Très bien mais même. Vous leur dites que c'est très gentil de proposer mais on en a pas besoin. (le scribe s'approche de lui, dépassé)

Père Blaise : Oui mais en fait on a besoin de quoi ? (Manilius ne sait pas quoi répondre, c'est alors qu'Arthur se dirige vers eux)

Manilius: Ah. C'est bien que t'arrive.

Arthur: Tout ça ? (fixe la plage)

Manilius: Quoi tout ça ?

Arthur: Bah en si peu de temps t'as réuni tout ça ?

Manilius: Non mais ils, ils se sont tous ramenés à cinquante là, j'en, j'en peux plus y en a de partout.

Arthur: (rit) Mais non mais c'est bien c'est vachement bien ! (sourire éclatant)

Manilius: Ouais ?

Arthur: Hé bah oui ! (agacé)

Manilius: Ouais ouais sûrement.

***

 

Karadoc et Kadoc se dirigent vers un rocher en hauteur.

Karadoc: Et vous vous tenez correctement hein ! Si je vous emmène dans un truc c'est pas pour passer pour un glandu devant tout le monde.

Kadoc : Ils sont où les quignons à Kadoc ?

Karadoc: Non mais... (exaspéré, se tourne vers l'horizon avant de refaire face à son frère) J'ai dit que vous auriez des quignons de pain après, si tout se passait bien, et si vous étiez gentil.

Kadoc: Ils sont dans la poche ?

Karadoc : Non.

Kadoc : Ils sont bien cachés ?

Karadoc : Non de toute façon je vous le dirai pas. Allez vous mettre en place avec les autres. (le retient) Et si vous mettez des coups de pied dans les gens, en égard à l'autre fois où je n'en dirai pas plus, je vous ramène directement à la maison.

Kadoc : Où ils sont les quignons ?

Karadoc: (crie) Allez ! (ils partent s'asseoir)

***

 

Pellinor et Merlin se dirigent vers le nouveau roi. Ce dernier a installé une table sur la plage, et est accompagné de Manilius et du Père Blaise. Au loin sur les rochers Perceval crie.

Perceval : Non mais père commencez paas !

Merlin: Foutez lui la paix s'il a quelque chose à dire.

Perceval: Laissez les autres ! Au lieu de dire des trucs à leur place ! Résultat qui c'est qui passe pour un con ?

Arthur: Qu'est ce qui se passe là ?

Merlin: Un dénommé Pellinor qui voudrait vous dire quelque chose.

Arthur: Quoi donc ?

Perceval: Vous laissez pas embobiner sire !

Merlin: Ah mais taisez-vous !! (Perceval s'assoit sur un rocher, furieux)

Arthur: Allez-y je vous écoute.

Pellinor: Oui alors on est quelques uns dans le groupe à ressentir comme un petit malaise et on aimerait bien connaître votre opinion.

Perceval: Sire. Votre opinion sire !

Pellinor: On aimerait bien connaître votre opinion sire.

Arthur: Mon opinion sur ?

Pellinor: Oui alors heu... Oui vous avez fait appel à toutes les, les bonnes volontés, la majorité des personnes qui ont été sollicitées ont répondu présentes... Seulement voilà y a une heu, y a une petite rumeur qui commence à courir comme quoi vous auriez l'intention de, d'éventuellement nous opposer à l'armée romaine, et alors là heu, on a un peu peur de décevoir vos attentes.

Arthur: Non mais j'ai, j'ai pas d'attentes particulières, je, je tente quelque chose, voilà, et et, et vous de votre côté faut essayer de me faire confiance.

Pellinor: Oh je ne crois pas qu'il y ai un, déficit de confiance. Je dirais plutôt qu'on voudrait être surs que vous êtes conscient du niveau intellectuel général. Notamment heu face aux légions romaines qui ont eu le privilège de recevoir une éducation solide...

Arthur: Attendez attendez attendez. Le niveau intellectuel général ?

Pellinor: Oui oui enfin alors effectivement prenons plutôt mon cas personnel. Heu sans vouloir rentrer dans les détails, heu, je sais compter jusqu'à seize. Hein au delà, je reprends à sept, trois, cinq, etc, voilà. Et il y a encore aujourd'hui des mots du lexique enfantin qui déclenchent chez moi un rire irrépressible. Heu des mots des mots comme zizette, ou ou pissou. (rit) Non non alors vous voyez quand même que c'est un handicap considérable. Je n'ai réussi à déglutir convenablement qu'à l'age de 31 ans. Heu avant ça une fois sur deux, je, je respirais ma nourriture ce qui m'a, ce qui m'a valu de frôler la mort un certain nombre de fois.

Arthur: D'accord alors attendez. Heu sérieusement par rapport à aujourd'hui, à la situation, du fait que vous soyez un peu... (cherche un terme adapté) Un peu léger, ça ça ça vous inquiète ça.

Pellinor: Ah bah heu... C'est les romains quand même. (Arthur semble inquiet)

***

 

Arthur s'est hissé sur un rocher et parle à son peuple, qu'il surplombe du même coup.

Arthur: Bonjour à tous ! Alors d'abord une petite question : reste-il des bretons qui ne sont pas sur cette plage ? Je fais un petit topo pour ceux qui n'auraient pas tout bien intégré, je m'appelle Arthur, je suis le fils bâtard d'Uther Pendragon et d'Ygerne de Tintagel, et j'ai été désigné roi des bretons par Excalibur. (flottement)

Merlin: Les bretons c'est vous !

Foule : Aaaaaah !

Arthur: Oui voilà. Par conséquent je je suis votre roi. (applaudissements) Merci non mais c'est pas ça que je veux. Merci. Alors j'ai cru comprendre que certains d'entre vous se sentaient un peu faiblards à l'idée de rencontrer l'armée romaine. Attention nous n'allons pas rencontrer l'armée romaine. Je vais rencontrer un haut fonctionnaire romain et vous durant cet entretien ferez office disons de soutien. (le peuple semble perdu) Voilà. Autre chose, j'ai besoin pour cette entrevue de faire un petit test avec vous. Attention c'est un exercice qui demande la totalité de votre concentration. Quand vous entendrez le mot soldat, vous lèverez la main. (lève la main) Quand je prononcerai le mot soldat vous lèverez la main. (répète le même geste) Attention concentrez-vous on fait un essai. Fromage ! (tout le monde lève la main) Non ! Voilà. Voilà non. C'est ça. Il fallait lever la main au mot soldat.

Karadoc: Ah putain je me suis planté.

Pellinor: Ah oui moi j'ai pas, j'ai pas eu le temps, j'ai pas compris le, l'énoncé.

Perceval: Ouais bah attendez c'est chaud hein. Même moi j'étais à deux doigts.

Arthur: Deuxième essai, restez bien concentrés, (Pellinor se redresse brusquement) tombez pas dans les pommes non plus, (fait durer le suspens) poulailler ! (certains lèvent la main, d'autres non, des disputes se font entendre) Ah!Oui d'ac... Oui là c'est bien, pas mal dans cette zone là y a un... (pointe une zone du doigt) Net progrès, là c'est un peu moins voilà... (désigne une autre zone du doigt)

Karadoc: Ah je me suis encore vautré...

Pellinor: Non mais ça va trop vite on a pas le temps de se replacer.

Perceval: Il devrait pas commencer si dur. Faut y aller mollo au début, sinon les gens ils se découragent.

Karadoc: Oui comme si un soldat pouvait pas s'occuper en plus d'un poulailler.

Kadoc: Elle est où la poulette ?

Perceval: Mais bien sûr. De façon y a plusieurs réponses possibles hein.

Pellinor: Ah bah oui mais comme on ne peut répondre ni par oui ni par non ni par sans opinion, la difficulté est majorée.

***

 

Arthur: Toujours le mot soldat, attention.Soldat. Troisième essai on se concentre bien, on fait un gros effort... Soldat? (tout le monde lève la main) Voilà!Voilà là je dis bravo. Là je dis d'accord. Est ce que vous croyez que les armées romaines sont capable d'un sans faute au bout du troisième essai ? Non certainement pas. Alors je vais vous dire une bonne chose. Donnez moi ça tout à l'heure, et je vous promets que les romains seront tellement impressionnés par nos capacités qu'ils auront déserté le mur d'Hadrien dans les deux jours ! (flottement) Voilà donc là comme c'est plutôt une nouvelle joyeuse voyez, ce serait pas mal de, hé bah de lever la main, d'envoyer un cri d'encouragement chais pas, d'autant que je sort l'épée tout ça (désigne Excalibur), donc on on reprend c'est pas grave. Dans les deux jours ! (la foule hurle de joie, Arthur l'imite et secoue les bras)

***

 

Plage. Arthur, Manilius et les deux sénateurs sont assis à une table. Ils observent la foule. La tension est palpable.

Servius : Et heu... Qu'est ce que c'est que tout ça là ?

Arthur: Des bretons.

Servius : Des bretons ?

Arthur: Des bretons.

Servius : Ah.

Arthur: Bah on est en Bretagne, en Bretagne y a des bretons. Je vois rien de surnaturel.

Sallustius : Et c'est quoi ça, c'est le, c'est la fédération, c'est...

Arthur: Non non non non c'est, heu...

Sallustius : C'est quoi ?

Arthur: C'est je sais pas c'est, comment dire, c'est des des, c'est des grouillots quoi, c'est le peuple. (les sénateurs comprennent mieux et hochent la tête) Le peuple breton voilà. Non mais parce que moi en fait c'est, c'est pas compliqué j'ai un petit souci. J'ai un petit souci et je me suis dit tiens, pourquoi ne pas demander directement à Lucius Silius Sallustius s'il avait pas... Un bon conseil à me dispenser. (faux sourire)

Sallustius : (faussement humble) Mais si je peux être utile à quelque chose...

Arthur: Alors avant toute chose, la fédération est en très bonne voie.

Sallustius : Hé ben tu m'en vois ravi. Arturus.

Arthur: Donc les chefs bretons acceptent d'unir leurs forces aux sein d'une même nation bretonne, dirigée par votre serviteur, ils acceptent la centralisation du pouvoir, ils acceptent la monnaie commune, ils acceptent tout ce que vous voulez, mais, ils veulent pas de romains.

Sallustius : … Pardon ?

Servius : Pardon ? (se penche)

Arthur: Ils veulent pas de romains, ils veulent plus de romains.

Servius : (regarde son supérieur) Qu'est ce qu'on va faire alors ?

Sallustius : Attendez attendez attendez attendez. Heu mais ça ne les dérange pas le fait que, que toi tu sois romain ? (condescendant)

Arthur: Ah je suis pas romain moi je suis breton.

Sallustius : Bah. (moqueur)

Arthur: Ah non mais si. (exclamation dubitative du sénateur) Ah bah hé je suis, je suis né en Bretagne, je suis breton. Non mais de toute façon moi, moi de toute façon ils m'acceptent. Puisque j'ai l'épée. (sort Excalibur, la foule l'acclame) Voyez c'est presque... (la range) J'allais dire c'est presque chiant parce que c'est vrai, il suffit d'avoir l'épée, bon tout de suite c'est heu... Voilà. (les sénateurs sont furieux)

Servius : (à son supérieur) Bon qu'est ce qu'on fait ?

Arthur: Alors voilà. Moi voilà ce que... Ce que je vous propose moi de mon coté, je fédère, je dirige le pays, je fais tout ce qu'on a dit quoi, (Sallustrius a un sourire entendu) et vous de votre côté, vous foutez le camp. Vous foutez le camp mais propre et net. Le camp près du mur d'Hadrien vous le tombez, les deux camps sur la côte ouest vous les tombez, vous ramassez votre bordel, et vous décarrez.

Servius : (sidéré) Ah ouais. Ah d'accord.

Sallustius : Attendez heu attendez. Heu... je l'ai pas vu venir celle-là. (lui et Arthur rient faussement) C'est vrai hein. Mais heu si je refuse ?

Arthur: Je suis pas persuadé qu'y ait quelque chose à refuser, ça fait quatre ans cent que vous essayer de passer le mur vous y arrivez pas, là en plus ils sont fédérés c'est... Y a franchement pas de raison que ça se passe mieux. On va voir si vous voulez on va voir. On va voir bougez pas. (monte sur le rocher qui surplombe le peuple) Dites ! Une petite question comme ça en passant, qui parmi vous serait favorable à une trêve entre les forces romaines et bretonnes ? (murmures, les sénateurs se décomposent) D'accord. Et qui au contraire pense qu'il faut continuer les offensives jusqu'à ce que Rome capitule et démobilise ses troupes jusqu'au dernier soldat ? (approbation) Voilà. D'accord. (descend du rocher et se réinstalle à sa place) Voilà. Donc vous foutez le camp. Cependant on n'est pas des bêtes, vous conservez un camp. Un seul camp. Moi je suis un héros parce que je vous ai foutu dehors, et vous vous êtes un héros à Rome parce que le pays est fédéré et dirigé par un romain, que vous avez mis en place. Qu'est ce que vous en dites ?

Sallustius : Pas mal. Pas mal. Mais, mais, et la Bretagne heu ?

Arthur: Non la Bretagne vous venez de la perdre. (le sénateur hoche la tête) Hein voilà. Maintenant si vous voulez raconter au Sénat que vous venez de la gagner, ça me dérange pas.

Sallustius: (sombre) D'accord.

Servius : Qu'est ce que je voulais dire ? Tu ne comptes pas repasser par Rome toi?Si ?

Arthur: (hésitant) ... Si, pourquoi ?

Servius : J'ai à peu près compris le principe du double-jeu, je ne saurais dire pourquoi j'ai l'impression que tu nous l'as mis dans l'os. Et je pense que si tu refous les pieds à Rome, ne le prends pas mal hein, je te ferai éliminer.

Arthur: (se penche vers les deux hommes, qui se penchent à leur tour) Il faut que je retourne une fois à Rome pour chercher ma femme.

Servius : Alors un bon conseil rase les murs.

Sallustius : Heu attends je, je reviens je... (monte à son tour sur le rocher) Heu heu heu s'il vous plaît oui alors s'il vous plaît ! (murmures) Juste juste une question ! S'il vous plaît! Bon alors. Vous ne voulez pas d'un romain d'accord. Mais est ce que vous êtes sûrs d'avoir choisi le bon roi ? Est ce que vous êtes sûrs, parce que ça fait pas tout l'épée magique non plus!Hein ?

Manilius: Je l’arrête ?

Servius : Essaie.

Sallustius : Vous le prenez pour un héros, mais, je, je le connais moi c'est un milicien. C'est un petit troufion, affecté à des rondes de surveillance dans une milice de seconde zone.

Manilius: On fait quoi là ?

Servius : On reste assis.

Sallustius : Honnêtement. Qui voudrait comme roi de Bretagne, roi de Bretagne!Un petit merdeux comme lui? Qui y a encore quinze jours, n'était qu'un simple soldat ? (Tout le monde lève la main. Sallustius descend du rocher, vaincu, et manque de trébucher. Il quitte la plage, suivi de Servius et de quelques soldats. Arthur regarde droit devant lui, les yeux humides et la mine sombre. Il est plus qu'ébranlé par les paroles du sénateur.)

***

 

Plage.

Arthur: Bien. J'ai l'honneur de vous annoncer que grâce à votre courage et votre détermination, vous êtes libérés du joug romain.

Pellinor: Heu c'est à dire ? (s'avance vers le roi)

Arthur: Comment ?

Pellinor: Heu on a pas très bien entendu.

Arthur: Non je dis vous êtes libérés du joug romain.

Pellinor: Du quoi ?

Arthur: Du joug. Du joug romain.

Pellinor: Heu du joug comme le, comme du chou-fleur ?

Arthur: Non. Du joug comme le joujou.

Pellinor: Comme du joujou ?

Arthur: (se contient) De l'oppression si vous voulez. Voilà vous êtes libérés de l'oppression romaine ça vous va ?

Pellinor: Donc on est libérés de l'oppression romaine on est très contents et on vous remercie mais on aimerait bien revenir sur votre histoire de joug.

Arthur: LE JOUG ! Le joug bon dieu le joug romain bande de trous de balles!Le joug le joujoujou merde !

Merlin: Mais calmez-vous sire.

Père Blaise : Franchement ça en vaut pas la peine.

Manilius: Non mais descends de là sans déconner t'as l'air d'un con à gesticuler sur ton rocher. (Arthur descend du rocher, énervé. Pellinor tourne les talons, perturbé par la réaction du roi.)

***

 

De ses rochers, la petite bande observe la foule. Karadoc mange.

Perceval: Soldat!Non perdu.

Karadoc: (lève la main trop tard) Ah!Ah ouais.

Perceval: Ah non mais...

Karadoc: Non mais oui oui non non... Oui oui je sais y a eu une latence encore. (Kadoc lève la main)

Pellinor: Ah bien ! (le désigne avec approbation)

***

 

Palais de Rome. La caméra fait un gros plan sur l'empereur, qui se confie à un inconnu.

César : Des gamins de partout. Plein la chambre. Chais pas soixante, quatre vingt. Des tous petits, quatre ou cinq ans, et tous ensemble, 'ah ouais, votre tranquillité.' Alors moi comme un con, 'ah ouais les enfants. Alors ça vous a plu la visite du palais ? Qu'est ce que vous avez vu de beau ?' Heu bref. Je raconte mes conneries habituelles pis tout d'un coup j'en repère un sur le devant, un petit mec avec des mèches en pétard et un petit paquet dans la main, on aurait dit, qu'il faisait la gueule. 'Comment tu t’appelles ?' Pas de réponse. Alors 'dis donc il est drôlement joli ton paquet.' Ni oui ni merde. 'Tu veux pas me dire ce que c'est ?' C'est un cadeau pour le général' qu'il me fait. Bon bah vous me croirez ou non, j'ai eu beau lui dire que c'était moi le général y a pas eu moyen. Alors je l'ai pris tout seul avec moi, ça m'a pris la journée. Je lui ai montré mon uniforme, je l'ai amené dans la salle des cartes, je lui ai montré des maquettes de bateau et pis à un moment il fait presque nuit je lui dis 'écoute, heu ça va peut-être aller là ? Non? Bon. Tu vois quand même bien que c'est moi le général. Hein?Alors tu me donnes le paquet et on en parle plus.' Il m'a dit 'd'accord.' Mm. C'était des petites meringues, blanches, rondes comme ça. (mime la forme) Ah. Drôlement bonnes. On les a mangées tous les deux sur la terrasse, sans rien dire. (La caméra dévoile alors Méléagant. Assis sur le côté, il écoute l'empereur parler avec attention.) Voilà. Si je devais choisir une journée à revivre, je prendrais celle-là.

Méléagant: Si je vous pose cette question Imperator vous vous doutez bien que ce n'est pas par hasard. Il y a un moyen de la revivre cette, journée.

César: Mm. Oh chais bien. Mm. Je connais mes classiques.

Méléagant: Et alors ?

César: Je suis pas contre le principe. Mais j'ai quand même un peu les foies.

***

 

Verinus a été capturé par Glaucia et Procyon. Son visage est ensanglanté et il vient de recevoir un énième coup au visage.

Glaucia : On reprend. Est ce qu'Arturus est à Rome ?

Verinus : Pardon de me répéter à nouveau je ne sais pas. (coup de Procyon) Y a un truc qui faut que vous compreniez quand même bien les gars. Si vous voulez moi à la base je suis une balance. C'est c'est fait, c'est le postulat de départ on a devant soi une balance donc une personne si vous voulez qu'on a pas besoin de cogner puisque elle vient elle-même délivrer l'information sans que vous ayez à la demander. Parce que non pourquoi je vous dis ça, parce que on est quand même à une heure et demi de marrons dans la gueule là, et si je vous dis que je ne sais rien, c'est que je pense que effectivement... (nouveau coup) je ne sais rien.

Procyon : Oui bah tu vas quand même prendre des marrons dans la gueule. (Menaçant, il approche son visage de celui de Verinus. Ce dernier hoche la tête, exténué et écoeuré.)

Glaucia: Et Manilius il est en ville aussi ?

Verinus: Alors voilà donc là ça va être effectivement très très long... Heu je ne sais pas. Toujours pas. (sourit)

Glaucia : Remets lui une tarte.

Procyon : Maintenant ?

Glaucia: Bah oui pas demain. (coup) Voilà. C'était pour requérir ton attention.

Verinus: (n'en peut plus) Oui bah c'est complètement con, comme requête. Parce que vous m'auriez dit écoute moi bien, je le faisais et on était bon. Ça faisait pareil.

Glaucia: On dit qu'Arturus est revenu à Rome pour chercher sa femme.

Verinus: Sa femme? (blanc) Oui bah c'est Julia sa femme mais maintenant c'est un peu la mienne aussi. (nouvelle gifle)

Glaucia: Et et là pour quoi faire ?

Verinus: Oui moi aussi je pose la question là.

Procyon : Bah là j'y vais à l'improvisation là je je sais pas je le sentais alors...

Glaucia: Et elle habite où cette Julia ?

Verinus: Hé bah chez la copine de Manilius. Toujours pareil hein. Là où vous aviez trouvé Manilius la première fois.

Procyon : C'est déjà toi qui nous l'avait balancé d'ailleurs.

Verinus: Tout à fait! Voilà. Merci. Exactement C'était moi. Effectivement. Et donc j'ai la décence de de de de le reconnaître hein. Et comme je vous l'ai admis tout à l'heure je suis une petite pute de balance, et bien à présent, mais je, vous saurez gré heu chers amis, de bien vouloir m'indiquer la la sortie!Heu de l'établissement. Bon. Voilà. Merci heu d'avance messieurs. (coup supplémentaire)

Glaucia: Tu vas aller attendre Arturus chez sa femme.

Procyon : Et ?

Glaucia: Et à ton avis ?

Procyon : Plusieurs options. (Verinus écarquille les yeux)

Glaucia: La pire. Je te parle de la pire. (Rire sadique. Procyon dévisage Verinus avec mépris et quitte la pièce en silence.)

Verinus: Hé ben dis donc je sais pas ce que c'est la pire mes petits cousins mais je peux vous garantir que vu d'ici ça fout les boules. Hou! (Glaucia vient se placer face à lui et le regarde avec haine) Non parce que quand il a dit heu 'plusieurs options', j'ai fait toute une série de petits pets comme ça 'pou pou pou pou pou'... (Glaucia le frappe violemment et Verinus s'effondre au sol. Le bourreau quitte alors la pièce, pendant que son prisonnier se relève difficilement.)

***

 

Dans les rues de Rome.

Manilius: On aurait jamais dû revenir.

Arthur: Je viens chercher ma femme.

Manilius: Après le coup qu'on leur a fait on aurait dû se faire oublier.

Arthur: Je viens chercher ma femme.

Manilius: Ils connaissent tout. Les endroits où on va, les gens qu'on vient voir... (des gardes saluent les deux amis et ils leur rendent leur bonjour) Ah oui merde !

Arthur: Je viens, chercher, ma femme.

Manilius: (s'énerve, paniqué) Moi aussi je viens chercher ma femme mais on aurait pas dû revenir.

Arthur: On avait tout le voyage pour faire faire demi-retour au bateau maintenant on est là on finit ce qu'on a commencé.

Manilius: Faut rester le moins longtemps possible.

Arthur: Le bateau est prêt à repartir, on va les chercher, elles viennent comme ça comme elles sont, pas de bagages.

Manilius: Au coucher du soleil rendez-vous sur le quai.

Arthur: Au coucher du soleil rendez-vous sur le quai.

Manilius: (secoue la tête, amer, il est au bord des larmes) On aurait jamais dû revenir. (Il part chercher Licinia. Arthur quitte également la place, la mine sombre.)

***

 

Arthur entre dans la Villa Aconia. Sa femme se fige en le voyant arriver.

Arthur: (sourit) Vous avez déjà préparé vos affaires. (Aconia le dévisage, anéantie)

Macrinus: Aconia? (Arthur est stupéfait, et Aconia paniquée. Les deux amants se dévisagent, dépassés.) Qui c'est ? (entre dans la pièce) C'est c'est toi?Qu'est ce que tu fais à Rome ? (Arthur reconnaît alors son prédécesseur)

Arthur: (figé sur place) Comment ?

Macrinus: Bah. Moi j'ai aucune permission pendant treize ans et toi, quoi au bout d'une semaine, tu reviens ? Encore un cadeau de l'empereur?Qu'est ce qui y a t'as des problèmes avec les bretons?Tu as besoin de moi ? (amer)

Arthur: Je disais, vous avez déjà préparé vos affaires ?

Macrinus: Ouais.

Arthur: Treize ans sans revenir et, vous restez une semaine et hop, vous partez. (sourit)

Macrinus: Je rentre chez moi en Macédoine. Rome c'est, terminé. J'ai réussi à éviter tous les rendez-vous officiels, toutes les visites de palais j'ai pas vu un seul sénateur et je veux même pas leur adresser la parole. Je rentre chez moi.

Arthur: (mal à l'aise) … Peut-être qu'ils auraient voulu vous donner des terres...

Macrinus: Mais je m'en fous des terres. J'en veux pas. Je veux rien. On rentre chez moi. Ma femme. Pardon. Aconia. (la jeune femme est muette)

Arthur: Ave.

Aconia: Ave. (Les deux amants osent à peine se regarder. Aconia s'affaire à plier un drap.)

***

 

Aconia et Macrinus sont assis l'un à côté de l'autre et font face à Arthur. Ils se sont tous les trois installés autour d'une table et mangent en silence.

Macrinus: Bah excuse moi.J'ai été un peu, un peu sec avec toi tout à l'heure.

Arthur: Non tout va bien.

Macrinus: Mais je suis tellement remonté que chaque fois que je vois les couleurs de l'armée...

Arthur: Je comprends.

Macrinus: Alors que c'est vraiment gentil de ta part de venir me saluer. D'autant que tu dois certainement avoir des personnes avec qui faudrait que tu passes du temps à Rome. A commencer par ta femme.

Arthur: … Ouais.

Macrinus: Moi moi la mienne elle m'a à peine reconnu. Bon faut dire qu'en Bretagne, les années doivent compter triple. J'ai l'impression d'être un petit vieux à côté d'elle. (se penche affectueusement vers sa femme, qui reste immobile) Sisi. (les deux amants sont muets) Bah vous ne dites rien.

Aconia : Je vous ai pas à peine reconnu.

Macrinus: Comment ?

Aconia : Vous dites que je vous ai à peine reconnu c'est pas vrai je vous ai reconnu !

Macrinus: Mais oui mais j'ai changé... Non ?

Aconia: Changé... (mal à l'aise)

Macrinus: Ah!Vous pouvez le dire j'ai changé. Alors que vous honnêtement, à peu de choses près vous avez su rester la même. (malaise) Et toi ta femme ?

Arthur: … Bah moi ma femme elle a su rester la même parce que je, je suis pas parti longtemps moi.

Macrinus: Ah oui. C'est vrai. Pardon. Pardon.

***

 

Le couple Minor est sur le point de partir de la villa. Macrinus se tourne alors vers son successeur.

Macrinus: L'autre jour en Bretagne j'étais un peu tendu j'ai complètement oublié de te souhaiter bonne chance.

Arthur: Bonne chance pour quoi ?

Macrinus: Bah bonne chance pour la Bretagne. La garnison.

Arthur: Ah. Mais vous aussi bonne chance, pour heu, la Macédoine.

Macrinus: (rit) Nous, c'est pas pareil, la Macédoine, on y va pour moi là c'est tout. Heu tant que tu es à Rome, tache de passer un peu de temps avec ta femme. Qui sait quand tu la reverras après. (Arthur est blanc) Tu sais quoi?Cette maison, bah je la vends pas. Je je, je la donne pas non plus, je je la laisse comme ça si y en a qui sont dans le besoin et qui tombent dessus ils pourront s'y réfugier les portes seront grandes ouvertes. Tu sais, un peu comme, comme les maisons en bois qu'on fabrique pour les oiseaux. (rit et sourit maladroitement) Adieu Arturus. (Aconia se met doucement à pleurer. Surpris, son mari se tourne vers elle et elle se reprend alors avec dignité. Le couple quitte la pièce sous le regard ébranlé d'Arthur. Quelques secondes plus tard, la jeune femme revient en courant et jette sa robe de mariée aux pieds du nouveau roi. Elle sort de la maison avec précipitation. D'abord figé sur place, son amant prend la robe rouge entre ses mains. Il fait quelques pas dans la demeure et touche le tissu, silencieux. Il est désormais seul dans la grande demeure des Minor et n'a que le silence pour seule compagnie. Il est anéanti.)

***

 

Julia rentre chez elle, et Procyon l'attend de pied ferme.

Julia : Licinia?J'ai rien trouvé... (elle découvre alors le cadavre de la fiancée de Manilius)

Procyon : (l'attrape par derrière et plaque sa main sur sa bouche) C'est toi la gonzesse d'Arturus?(la secoue sans ménagement) C'est toi ou c'est pas toi ? (Julia hoche la tête, terrifiée) Alors on va l'attendre tranquillement. (un bruit se fait entendre dehors) Ouais. Et là c'est toi. Entre. Entre. (la secoue)

Julia: (A Manilius) Entre. (Manilius entre dans la pièce et est poignardé directement par un complice de Procyon. Il s'effondre au sol. Julia est traînée en arrière par son bourreau. Plus tard, gros plan sur Manilius et Licinia, dont les corps ont été déposés sur la table de la demeure).

 

GENERIQUE

 

Des cris se font entendre dans le Palais de l'Imperator. Tout est flou. Les servantes courent. Arthur marche lentement et observe la scène qui se déroule autour de lui. Il découvre alors Cesar, baignant dans son propre sang. Une servante tente sans succès d'éponger ce qui coule des poignets de l'empereur. Arthur baisse la tête et dévisage la bague que lui a offerte son mentor. Il touche instinctivement son propre poignet...

Rédigé par Holly95 et ellielove pour HypnoKaamelott

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