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#609 : Dies Irae

15 ans après ses classes romaines, Arthur est entre la vie et la mort après sa tentative de suicide. Alité dans la forteresse de Tintagel, il voit sa mère, sa femme et ses chevaliers venir à son chevet.

Fiche de l'épisode

Popularité


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Première diffusion
31.10.2009

Plus de détails

Casting de l'épisode

Alexandre Astier : Arthur
Neil Astier : Arthur enfant
Carlo Brandt : Méléagant
Valeria Cavalli : Aconia Minor
Jacques Chambon : Merlin
Alain Chapuis : Le tavernier
Thomas Cousseau : Lancelot
Josée Drevon : Ygerne de Tintagel
Caroline Ferrus : Mevanwi
Nicolas Gabion : Bohort
Anne Girouard : Guenièvre
Anouk Grinberg : Anna de Tintagel
Jean-Christophe Hembert : Karadoc
Jean-Robert Lombard : Père Blaise
Claire Nadeau : Cryda de Tintagel
Franck Pitiot : Perceval de Galles
Aurélien Portehaut : Gauvain
Loïc Varraut : Venec

Arthur est couché dans son lit, il est très faible depuis sa tentative de suicide. Ses plus proches parents viennent lui rendre visite, persuadés de sa mort prochaine. Il enchaîne les phases de sommeil et de réveil, et se remémore son passé. Il a perdu beaucoup de sang et ne réussit pas à se soigner, car il n’en a pas la volonté.

Cet épisode reprend juste après les événements de la fin de la saison 5.

 

Arthur: Dites, heu, ça vous ennuie si on s’arrête, là?

Père Blaise: Bah, heu…

Arthur: J’en peux plus, j’ai les yeux qui se ferment tous seuls…

Père Blaise: Ah, moi jveux bien mais heu…

Arthur: Mais quoi?

Père Blaise: Bah vous savez ce qu’on a dit heu, il faut qu’on finisse sans plus tarder au cas oùù…

Arthur: Au cas où jmeurs c’est ça?

Père Blaise ne répond pas mais fait un mouvement de tête significatif. Arthur fixe le plafond.

Arthur: En plus jcomprends pas, qu’est ce qui nous reste à faire, je vous ai pas déjà tout raconté?

Père Blaise: Heuuuu… Fixe son pupitre.

Arthur:  Attendez (compte sur ses doigts), Rome, mon premier mariage, ma nomination en Bretagne, en plus les trois quarts des trucs vous étiez là enfin vous avez pas besoin de moi si?

Père Blaise: Oui oui oui, après y a laa… La fondation de Kaamelott, oui oui…

Arthur: Ah bah à partir de là la fondation de Kaamelott vous avez pas tout noté au fur et à mesure?

Père Blaise: Ah si si si…

Arthur: Bon bah voilà…

Père Blaise: Non mais non. En fait ce qu’il me faudrait maintenant c’est deux choses, y a deux choses: heu tout d’abord la première fois où vous avez retiré l’épée du rocher quand vous étiez tout petit…

Arthur: Non mais ça je vous ai déjà dit non, je me souviens PAS…

Père Blaise: Non mais pas grave et (Arthur ferme les yeux) heuuu la deuxième chose c’est le voyage que vous avez fait à la recherche de votre descendance (Arthur le fixe étrangement) heuuu jusqu’à… (Il ne trouve pas ses mots)

Arthur (froidement): Jusqu’à?

Père Blaise: Heuu, jusqu’à, votre tentative de suicide. (Hochement de tête, il détourne le regard, Arthur fixe un point au loin et se triture les doigts).

Père Blaise: Il va bien falloir qu’on l’évoque à un moment ou un autre!

Arthur: Pourquoi?

Père Blaise: Comment ça pourquoi?

Arthur: Bah oui pourquoi? Est ce qu’on est bien sûrs que c’est une chose à transmettre aux générations futures, ça? Est ce qu’on pourrait pas tout simplement… Ne pas en parler?

Père Blaise: Ne pas en parler, ne pas en parler… Oui, heu, on peut toujours, c’est sûr, enfin bon, c’est quand même Lancelot, votre pire ennemi, qui vous a sauvé la vie au dernier moment alors qu’il était venu pour vous tuer! C’eeest … (Arthur lève les yeux au ciel). Là, là je vous parler franchement, vu le tas de conneries sans intérêt que je me suis farci du temps de Kaamelott, un coup comme votre suicide, ça me ferait mal de passer à côté.

Arthur fixe un point au loin et fait une moue franchement écoeurée.

Arthur: Bon. Alors qu’est ce que vous voulez savoir?

Père Blaise: Heuuu, en fait, ce qui vous a poussé àààà… (Arthur le fixe avec de grands yeux).

Arthur: Ce qui m’a poussé à… Ce qui m’a poussé à… J’allais pas bien!

Père Blaise: Oui, merci, jm’en serais douté, mais heuu, vous pouvez pas développer un peu?

Arthur: J’ai les yeux qui se ferment tous seuls, je voudrais faire une pause.

Père Blaise: Oui mais heu, je ne vous force à rien, simplement les druides ont dit que vous étiez en train de mourir d’anémie et que ça pouvait arriver à n’importe à quel moment… (Arthur ferme les yeux). Sire?Sire!

Arthur: Mmm, c’est bon, je dors, chuis pas en train de mourir. (Blaise soupire de soulagement).

Blaise: Mais euh du coup Sire…

Arthur: Arrêtez de m’appeler Sire, laissez moi dormir un quart d’heure, je vous promets que je meurs pas. 

Blaise le fixe d’un air triste et referme son pupitre. Il quitte la pièce. Gros plan sur Arthur dans son lit, semblable à Jésus. Mevanwi apparaît, penchée vers le roi. Il est plus jeune et ressemble au Arturus de Rome.

 

Mevanwi: Jvous aime pas comme ça.

Arthur: Comme ça comment?

Mevanwi: Sans barbe. Pour un roi c’est vraiment pas joli.

Arthur: Bah oui mais chuis roi de Rome. Les rois à Rome, ils ont pas de barbe.

Mevanwi: Et Adrien il avait pas de barbe peut-être?

Arthur: Ouais mais Adrien ça a rien à voir il a construit le mur. Peut tout se permettre, un mur qui traverse le pays, moi j’ai pas construit de mur, jpeux pas me permettre ces excentricités.

Mevanwi: Si vous avez pas construit de mur, vous avez fait quoi vous alors?

Arthur: Pour Rome?

Mevanwi: Ouais pour Rome.

Arthur: Jlai laissé tomber.

Mevanwi: Comme moi.

Arthur: Comme vous.

Mevanwi: J’ai froid.

Arthur: Ah bon.

Mevanwi s’allonge sur Arturus, puis disparaît. C’est Aconia qui se relève.

Aconia: J’ai trop froid. Si tu n’allumes pas un feu, je m’en vais.

Arthur: Fait moins froid en Macédoine?

Aconia: Partout, il fait moins froid. 

Arthur: Et le fait d’être avec moi, vous avez pas moins froid?

Aconia: Tu l’as retrouvé le Graal?

Arthur: Le Graal?

Aconia: Oui. Le Graal! Tu l’as retrouvé?

Arthur: Non.

Aconia: Et ton alliance? Tu l’as retrouvé ton alliance?

Arthur: Non plus.

Aconia: Non plus?

Arthur: Mais maintenant c’est trop tard je la retrouverai plus.

Aconia le fixe. 

 

Un nouveau gros plan est fait sur Arthur et la musique s’élève. Lorsque le roi se réveille, il se retrouve nez à nez avec sa tante.

Cryda: Ah ça y est?Vous émergez?

Arthur: J’ai dormi longtemps?

Cryda: Ah on peut dire ça oui. A tel point que votre mère vous a déclaré officiellement mort.

Arthur: Quoi?!

Cryda: Hé bah oui! Ca durait, ça durait, à la fin, on en a eu ras le bol quoi, mettez vous à sa place…

Arthur: Ouais… Attendez, attendez, qu’est ce que vous attendez exactement par ‘déclaré officiellement mort’?

Cryda: Eeellle a envoyé des messages à tout le monde pour leur dire de rappliquer, par rapport à vos obsèques!

Arthur: D’accord. D’accord, d’accord. Et qu’est ce qu’on fait du coup?Je me zigouille, en essayant de pas me louper, pour être raccord au message?

Cryda: Mais non mais on s’en occupe figurez-vous, on est pas entièrement encore complètement gateuses… Quand les gens arrivent, on leur explique!

Arthur: Vous leur expliquez quoi, au juste?Qu’il faut qu’ils reviennent plus tard?

Cryda: Ah bah non quand même, y en a qui arrivent de très loin! Non, on leur propose de venir vous rendre hommage mais de votre vivant. ET et du coup ils s’y retrouvent hein parce que par rapport aux obsèques c’est quand même plus…

Arthur: Plus vivant?

Cryda: Oui, voilà. Oui donc maintenant que vous avez les yeux ouverts, et comme on sait pas pour combien de temp ça va durer, heuuu on va commencer à les faire rentrer. Alors attention, y a du con, mais du bon con, vous voyez. Jsais même pas si j’en ai déjà vu autant d’un seul coup. Non bien sûr à part chez vous à Kaamelott.

Arthur: Non mais attendez parce que… Qu’est ce que jleur dis moi?

Cryda: Ah non non c’est eux qui vont dire, vous, c’est bonjour, bonsoir. De toute façon vous étiez censé être mort, ils viennent pas là pour vous écouter!

Arthur: Ouais…

Cryda: Je les fais venir?

Arthur: Oui oui oui oui, pff…

Cryda fait un sifflement étrange et se lève. Elle ouvre la porte et Arthur est aveuglé par la lumière. Il ferme les yeux et se rallonge, soufflant lourdement.

 

Anna lit les mémoires d’Arthur, qui a les bras croisés, sur la défensive.

Anna: Il en manque.

Arthur: Pas tellement, non.

Anna: Pas tellement mais il en manque. La fois où vous avez tué mon père, par exemple, c’est où?

Arthur: Mais c’est pas moi qu’ai tué votre père, c’est mon père qu’a tué votre père.

Anna: C’est un Pendragon, c’est pareil. De toute façon, vous faites tout comme lui.

Arthur: Je risque pas de tout faire comme lui, je l’ai jamais connu.

Anna: Et la fois où vous avez retiré l’épée? C’est où?

Arthur: La première fois ou…

Anna: Oui, oui, oui, oui, la première fois.

Arthur: La première fois, je m’en souviens pas, j’étais trop petit.

Anna: A quatre ans, on se souvient.

Arthur: Hé bah moi jme souviens pas. Je me souviens d’autres trucs mais l’épée je me souviens pas.

Anna: Ca vous ferait plaisir de coucher avec votre demi-soeur?

Arthur: Quoi?!

Anna: Coucher avec moi, ça vous ferait plaisir?

Arthur: Mais on a pas le droit de faire ça.

Anna: Mais je vous demande pas si on a le droit, je vous demande si ça vous ferait plaisir.

Arthur: Honnêtement, jcrois pas.

Anna: Pourtant vous y viendrez. Faites moi confiance.Vous y viendrez.

 

Bohort: Vous avez fait un mauvais rêve, Sire. Vous parliez.

Arthur: Je parlais?Je disais quoi?

Bohort: Vous disiez, je me souviens pas, je me souviens pas.

Ygerne: Ca y est, c’est fini oui?! Je vous rappelle qu’il y en a d’autres qu’attendent!

Bohort: Mais j’ai même pas commencé!

Ygerne: Pas commencé?Vous vous fichez de moi?

Bohort: Mais il dormait! Je n’allais pas présenter mes hommages à quelqu’un qui dort!

Ygerne: On les présente bien à quelqu’un qu’est décédé! Ca change pas grand chose!

Arthur: Honnêtement mère, est ce que vous croyez vraiment que ça vaut bien le coup?

Ygerne: Que quoi vaut le coup?

Arthur: Jsuis pas encore mort… Est ce que ça vaut bien le coup que je me farcisse tous les hommages des gens, c’est quand même tout l’intérêt d’être mort de pas être obligé de se taper les hommages.

Ygerne: Hé bien vous vous les taperez de votre vivant, parce qu’il est hors de question que ces pignoufs campent dans mon couloir pendant tout le temps qui nous sépare de votre regrettée disparition! Vous allez me faire un effort pour me déblayer tout ça, en un minimum de temps, à commencer par celui-là! (Elle part, Arthur et Bohort se fixent et haussent les épaules.).

Bohort: Heu, j’y vais?

Arthur: Où ça?

Bohort: Je vous présente mes hommages?

Arthur: Heu, écoutez Bohort, vous croyez pas qu’on peut s’abstenir?

Bohort: Vous pensez que vous n’allez pas mourir?

Arthur: Bah c’est à dire, oui, je vais bien finir par mourir à un moment ou à un autre mais…

Bohort: Bah il faudrait au moins que vous mangiez quelque chose de consistant! Votre tante m’a dit que depuis l’accident vous ne mangez presque rien, comment voulez-vous vous rétablir avec tout le sang que vous avez perdu?

Arthur: J’arrive pas à manger Bohort, ça passe pas.

Bohort: Les druides de Tintagel disent que cette fois-ci c’en est trop pour votre constitution! Que le corps va lâcher!

Arthur: Les druides de Tintagel, hein… Honnêtement s’ils sont aussi doués que le nôtre…

Bohort: De toute façon Sire, il n’y a pas besoin d’être druide pour voir que si vous ne vous ressaisissez pas très vite…

Ygerne: Bon dites moi là dedans heu, comme vous avez pas tellement l’air de vouloir vous pressez, on va commencer à faire passer les gens deux par deux…

Merlin: C’est moi! J’ai apporté des herbages pour vous rafistoler!

Ygerne: Et dans un second temps, si vraiment vous vous obstinez à lambiner, on vous collera sur le balcon! Et vous vous adresserez à tout le monde en une seule fois, vu?!

Elle sort, Merlin la fixe d’un air effrayé.

Bohort: J’ai même pas eu le temps de commencer mes hommages…

Merlin: Y a pas besoin d’hommages, jvous dis, puisque je vais vous le rafistoler!

Arthur: Ca fait vingt fois que vous essayez de me rafistoler, comme vous dites. Ca marche jamais.

Merlin: Ca marche jamais parce que vous avez pas envie, c’est tout!

Arthur: Pas envie de quoi?

Merlin: Vous avez pas envie de récupérer! Vous avez pas envie de refabriquer ce sang qui vous manque, combien de temps ça fait que vous vous êtes taillé les veines, six mois, un an! Et vous êtes toujours blanc comme une fesse! Faut pas exagérer!

Bohort: Merlin, ne vous emballez pas…

Merlin: Jm’emballe pas, ça m’énerve! Il suffirait que vous vous donniez un bon coup de pied au fion et vous reprendriez du poil de la bête mais non! Et voilà il s’endort maintenant…

Arthur: Non mais attendez moi jpeux pas tenir des conversations longues comme ça, j’ai les yeux qui se ferment tous seuls.

Merlin: Sire!

Bohort: Chuuut!

Merlin: Sire!!

Bohort: Chuuuut!!

Merlin: Mais vous, chut!!!!!

Bohort: Chuuuuuuuut!

 

Arthur se réveille, Karadoc est assis devant lui.

Karadoc: Ah! C’est pas dommage! Installez-vous comme il faut, je vous ai emmené du pain et de la terrine de biche!

Arthur: C’est gentil d’être passé Karadoc mais alors…

Karadoc: Et attention, c’est pas du pâté pourrave fait à la va vite avec de la bidoche daubée! Si je vous dis terrine de biche, ça veut dire terrine de biche estampillée Karadoc! Une terrine comme ça, elle peut vous servir de référence pour toutes les terrines que vous allez bouffer dans votre vie, puisque finalement vous êtes pas mort!

Arthur: Oui, mais ce que je comprends pas c’est que vous, vous croyiez que je l’étais, donc quand vous allez rendre vos hommages à un mort vous, vous apportez de la terrine de biche, vous?

Karadoc: Baah, heuu, j’ai pas réfléchi à la question, en fait. Je me suis dit, tu vas voir Arthur, te pointes pas les mains vides. Alors après, mort ou pas mort, pff, j’ai pas fait attention.

Arthur: Bah c’est très gentil, Karadoc, merci beaucoup, seulement le truc, c’est que je mange pas.

Karadoc (relève brusquement la tête): Vous mangez pas?!

Arthur: Non.

Karadoc: C’est à dire?

Arthur: C’est à dire ce que je vous dis, je mange pas.

Karadoc: Vous mangez pas souvent?

Arthur: Non, jmange pas.

Karadoc: Vous mangez pas beaucoup?

Arthur: Non, je mange pas.

Karadoc: Je mange pas…

Arthur: Manger! Manger. Vous savez ce que ça veut dire manger?

Karadoc: Bah oui.

Arthur: Bah alors manger, c’est l’inverse.

Karadoc: Non, je comprends pas, mais c’est pas grave. Je vous fais une tartine?

Arthur: Non merci.

Karadoc: Et c’est parti! Pendant que je vous tiens, je voulais vous parler d’un truc qui me turlupine. En fait, j’aurais voulu vous rendre le pouvoir. Ca me gonfle, d’être roi de Bretagne. En plus, y a personne qui m’écoute, ils viennent même plus aux réunions de la Table Ronde, ma femme, elle me demande des trucs, des machins… Sincèrement, autant au début je trouvais qu’avoir la couronne, c’était marrant, autant maintenant, j’en ai vraiment plein l’oignon. Ca vous embête si je vous le rends?

Arthur: Bah, ma foi…

Karadoc: Bah, est-ce que c’est possible déjà?

Arthur: Mais quoi, de me rendre le pouvoir?

Karadoc: Bah oui.

Arthur: Bah pff, vous savez le pouvoir, vous en faites ce que vous voulez, si vous voulez le rendre. Non le truc, c’est que j’ai plus Excalibur moi, donc je suis plus légitime sans elle.

Karadoc: Et moi non plus j’ai pas Excalibur.

Arthur: Non mais vous vous exercez une régence, ça a rien à voir.

Karadoc: Ouais mais ça me gonfle, alors qu’est ce qu’on fait?

Arthur: Nooon, mais rendez le pouvoir, rendez le pouvoir. On va pas vous obliger à diriger le royaume si vous avez pas envie, non plus.

Karadoc: Ah bah très bien. Vous voyez ça me soulage. Du coup il faut que je vous signe un truc?

Arthur: Ah parce que vous savez écrire, maintenant?

Karadoc: Bah non toujours pas.

Arthur: Bon bah voilà. On va dire que c’est une passation de pouvoir orale. C’est tout ce qu’il vous fallait?

Karadoc: Ouais, pourquoi?

Arthur: Parce que je m’endors, Karadoc, j’en peux plus. Allez mon vieux retournez dans votre clan et amusez vous bien.

Karadoc: Merci sire.

Arthur: M’appelez pas sire.

Karadoc: Ah bah si!

Arthur: Ah oui oui oui, pardon. (Il s’endort, Karadoc le contemple, l’air de ne pas savoir quoi dire ou faire).

 

Arthur se réveille brusquement pour se retrouver face à sa femme.

Guenièvre: Je me suis sauvée de la maison.

Arthur: Comment?

Guenièvre: Oui, quand j’ai appris que vous étiez mort, j’ai tellement pleuré, pleuré, j’ai supplié mon père de pouvoir venir vous voir, mais il m’a jamais laissé partir.

Arthur: Vous vous êtes sauvée?

Guenièvre: Oui, ça m’a pris un temps fou, j’ai payé des guides, j’ai pris une diligence, sauf que c’était pas la bonne, alors j’en ai pris une autre… oh qu’est ce que c’est loin Tintagel, hein, c’est terriblement loin!

Arthur: Ah bah c’est la Carmélide surtout qu’est loin.

Guenièvre: Oui je sais mais si vous croyez que ça me fait plaisir d’être coincée là haut…

Arthur: Ca fait longtemps que vous attendez?

Guenièvre: Normalement, je devais attendre avec les autres mais je me suis pris le bec avec votre mère, alors, je me suis mise à insulter les gens. Oh là là je suis désolée, je crois que j’ai traité votre tante de grosse gouine. Je voulais pas. Je, je, je voulais pas, mais, quand j’ai compris que vous étiez encore vivant, j’étais tellement pressée de venir vous voir que, jles ai tous envoyé chier, alors du coup, bah j’ai attendu là!

Arthur: Heuuu, vous avez lu tout ça?(montre les écrits du Père Blaise).

Guenièvre: C’est… Vos mémoires, c’est ça? J’ai pas lu, j’avais peur de tomber sur des trucs…

Arthur: Des trucs qui vous concernent? (la fixe).

Guenièvre: Bah non. Plutôt des trucs qui me concernent pas… Y en a?!

Arthur: Des trucs qui vous concernent pas? Je sais pas. Dans l’absolu tout devrait vous concerner, mais des trucs que vous avez jamais su, oui y en a.

Guenièvre: Ah...Des gros trucs?

Arthur: Mon premier mariage, par exemple.

Guenièvre: (cligne des yeux): Ah oui quand même… Là on est plutôt sur du gros truc!

Arthur: Tout est dedans, à peu de choses près. Lisez le quand même, quand je serai mort. Y a rien de, voilà, mais, c’est pas plus mal de savoir, y a probablement quelques machins que vous pourriez éclaircir.

Guenièvre: Et pourquoi vous me l‘avez jamais dit?

Arthur: Je sais pas. je voulais pas vous faire de mal.

Guenièvre: Y a pas un moyen que vous mourriez pas?

Arthur: D’après les druides d’ici, non. J’arrive pas à refaire le sang qui me manque. (Sa femme hoche la tête).

Guenièvre: Le sang qui vous manque, moi, jlai vu hein!

Arthur: C’est à dire?

Guenièvre: Le sang qui vous manque, jlai vu! Je dors avec ma mère maintenant, en Carmélide toutes les nuits, parce qu’à chaque fois que je ferme les yeux, je vois tout le sang qui vous manque, par terre, avec vos coupures au poignet, et pis vos yeux vides… Alors vous m’avez jamais avoué que vous vous étiez marié une première fois, mais ça vous me l’avez laissé voir! 

Arthur: Je vous l’ai laissé voir, j’ai rien laissé voir du tout, je me suis buté… 

Guenièvre: Si, si, si, si! Y en a d’autres, des moyens de se buter! Se jeter du haut d’une falaise par exemple, ça, ça emmerde personne! Mais vous, c’est pas ça que vous avez fait. Vous vous êtes ouvert les veines dans un bain que j’avais moi-même fait couler.

Arthur (hoche la tête): Peut-être…

Guenièvre: Peut-être quoi?

Arthur: Peut-être, que j’ai voulu vous empêcher de dormir, vous et les autres. Peut-être que j’ai voulu empêcher tout le monde de fermer l’oeil. Peut-être que j’ai voulu vous mettre la faute sur le dos.

Guenièvre: Hé bah c’est pas gentil. (Elle est au bord des larmes).

Arthur: Non, c’est pas gentil. (Il se rallonge, elle le fixe). C’est pas gentil… Mais bon, je le referai plus.

 

Lorsque Arthur se réveille, c’est Lancelot qui le fixe. Le roi écarquille les yeux.

Arthur: Heu, c’est un rêve, là?

Cryda: Non, non, c’est pas un rêve, on en a bien discuté avec votre maman, on a décidé de le laisser entrer.

Bohort: C’est une honte! Imposer au roi le visage de son tourmenteur!

Cryda: Il lui a sauvé la vie!

Bohort: Mais il était venu pour la lui prendre!

Cryda: Oui bah finalement il l’a sauvé!

Bohort entre dans la pièce et fou furieux écarte Cryda du chemin.

Bohort: Je vous dis qu’il vient pour le tuer! Ca se voit dans ses yeux!

Cryda: Bon bah alors c’est à Arthur de décider, voilà. S’il veut lui parler, il reste, s’il veut pas, je le ferai sortir par la garde!

Bohort: Est ce qu’il a été fouillé au moins, bande d’inconscients!

Cryda: Sûrement… (N’a pas l’air sûre). Oui, enfin, j’en sais rien…

Bohort: Vous en savez rien?

Lancelot: Je peux pas être venu pour le tuer, puisqu’il est censé être déjà mort.

Bohort ne sait plus quoi dire, Cryda a un mouvement de main qui souligne son approbation.

Cryda: Bon s’il y a un problème, vous appelez, on est juste derrière.

Bohort: Mais heu, qui est juste derrière?

Cryda: Hé bah vous, tiens, puisque vous êtes plein d’énergie, vous allez faire le pied devant la porte! Allez! 

Bohort sort, Cryda se tourne vers Lancelot et Arthur et a un air d’excuse. Elle sort à son tour. Les deux hommes se fixent, mal à l’aise. Lancelot semble très ému.

Arthur: Vous pouvez me passer une tablette de cire, je vous prie, avec un stylo? Une vierge, s’il vous plaît. (Lancelot s’exécute). Merci… (Arthur écrit avec difficulté).

Lancelot: Il parait qu’il faut pas trop vous fatiguer.

Arthur: Il parait, il parait… Il en paraît des choses… Les druides me donnent gagnant pour calancher dans les trois jours, et il faut pas que je me fatigue. Moi qui croyait qu’on avait le druide le plus con du continent, finalement je me demande si c’est pas une caractéristique inhérente à la fonction… (Lancelot sourit). Je vous écoute.

Lancelot: Vous m’écoutez?

Arthur: Bah oui vous étiez pas venu me présenter vos hommages?

Lancelot: Mais, la nouvelle court partout que vous êtes mort, que ceux qui vous ont côtoyés de plus ou moins près sont invités à vous rendre hommage à la Forteresse de Tintagel…

Arthur: Bah oui bah du coup allez-y…

Lancelot: Bah c’est à dire que, vous êtes pas tellement mort…

Arthur: Non mais, faites ce que vous avez à faire Lancelot, vraiment, vous occupez pas de savoir si jsuis mort mort ou pas mort, moi j’en ai marre, d’aller systématiquement contre vos idées, mon vieux, vous savez ce qu’on va faire, aujourd’hui, on va dire que je ne vais rien changer à vos plans, d’accord?

Lancelot: Mais du coup?

Arthur: Présentez vos hommages.

Lancelot: initialement, j’avais plutôt pensé à quelque chose d’intérieur…

Arthur: D’intérieur?

Lancelot: Dans, dans ma tête, quoi, enfin, une espèce de … Recueillement.

Arthur: Ah oui bah allez-y.

Lancelot: Je, je, je me recueille?

Arthur: Oui, oui (Continue d’écrire. Lancelot, mal à l’aise, ferme les yeux et se plonge dans ses pensées).

Arthur: (Lorsqu’il a fini d’écrire): Vous avez fini?

Lancelot: Bah, y a pas une fin bien définie…

Arthur: (Lui présente la tablette de cire): Dans cette tablette, vous avez les pleins pouvoirs.

Lancelot: Pardon?

Arthur: La forteresse de Kaamelott, le royaume de Logres, la Fédération Bretonne, la Table Ronde, la Quête du Graal… C’est vous qui êtes en charge maintenant.

Lancelot: Je, je comprends pas…

Arthur: Mais y  a rien à comprendre. Vous voulez essayer?Hé ben essayez. Voilà c’est votre récompense pour m’avoir sauvé la vie, les pleins pouvoirs.

Lancelot: Comme ça, là?

Arthur: Comme ça là. Je vous signale que vous devriez vous grouiller parce que je peux mourir d’une minute à l’autre, je vais la faire tomber. 

Lancelot est stupéfait et prend la tablette. Il y a un moment de silence intense entre les deux hommes, avant qu’Arthur se rallonge dans ses couvertures.

Arthur: Vous vous souvenez de l’époque où vous croyiez aux mêmes choses que moi?Parce que moi je m’en souviens. Vous savez ce qu’on va faire, on va faire comme si il s’était rien passé depuis et vous allez faire ça.

Lancelot: (abasourdi): Je fais quoi?

Arthur: Vous faites ça. Vous faites ce qu’on avait prévu. Vous êtes un grand chef comme moi?

Lancelot: Un grand chef?

Arthur: Lancelot, vous êtes un grand chef ou pas?

Lancelot: Je, je crois oui.

Arthur: Alors rappelez vous toujours de ça. Les grands chefs n’ont qu’un point commun: ils ne se battent que pour la dignité des faibles. (Lancelot est silencieux, Arthur est épuisé et se rallonge, il montre la porte à Lancelot). Allez foutez le camp.

Lancelot: Je sais pas quoi dire.

Arthur: Y a rien à dire, y a à faire. Faites les choses bien.

Lancelot sort et Arthur ferme les yeux.

 

Arthur est assis dans son lit et conte un rêve à Perceval.

 

Arthur: En ce moment je m’endors tout le temps. Je peux rien y faire. Je fais des rêves. Je vais vous en raconter un. Je suis dans l’espace avec un vieux. Je vous raconte pas ça au hasard, quand je me suis réveillé, j’ai tout de suite pensé à vous. L’espace… Ca a toujours été votre truc ça, l’espace. Et les vieux, y en a toujours dans vos histoires à vous. Bref, je flotte dans l’espace, avec les étoiles et tout, et y a un vieux à côté. Alors je sais pas si c’est moi vieux, parce que pff, les rêves c’est toujours le bordel pour ça, et le vieux me fait, vous êtes prêt à avoir le Graal? Alors moi je réponds oui. Alors on se dirige vers, une grande boule, mais en fait c’est notre terre à nous. Sauf qu’au lieu d’être bien plate, elle est en boule quoi. Comme je disais les rêves c’est toujours le bordel. On descend, on descend, on atterrit sur un sentier, dans une forêt, sur le territoire du seigneur Dagonet. Alors me demandez pas pourquoi, d’autant qu’il est même pas dans le rêve ce con là mais… Jsais pas comment vous dire, je sais qu’on est chez Dagonet. Le vieux se retourne, il me fait, j’espère que vous avez pas peur de la marche, parce que je vous préviens, c’est pas la porte à côté. Bah, moi je lui réponds, je comprends pas pourquoi on a pas atterri directement plus près alors. Il me répond pas, il part devant. Je le suis, je le suis, je le suis, puis au bout d’un moment, je me dis merde, c’est le chemin de Kaamelott ici. Oh, que je lui fais au vieux, c’est pas le chemin de Kaamelott ça? Si pourquoi? Comment pourquoi, je lui fais?Bah le Graal il est pas à Kaamelott, quand même! Si, il me fait. Alors je m’arrête. Vous vous foutez de moi? Il se retourne, il me dit, vous voulez le voir le Graal ou vous voulez pas le voir?Bon bah alors bouclez là et suivez!Pis il repart. Bon… On arrive à Kaamelott, la baraque vide. Pas un garde à l’entrée, pas un loufiat dans les couloirs, on passe devant la salle de la Table Ronde, pas de Table Ronde, la pièce vide. On continue, on continue, et on arrive devant la porte de ma salle de bain. Voilà! Ouvrez, c’est là derrière. Jlui fais, là derrière, où ça, dans la salle de bain? Ouais, dans la salle de bain. Alors, je le regarde, j’essaie de voir s’il est pas beurré ou quoi, et pis il rentre, là y a la baignoire vide, enfin vide, y a de l’eau mais y a personne dedans, et pis du sang partout, partout, partout, partout… Il me fait, voilà! C’est le Graal! Quoi qu’est le Graal, la salle de bain?Non pas la salle de bain, la baignoire! La baignoire, c’est le Graal? Ouais, c’est le récipient qu’a reçu le sang du Christ. Alors là dans le rêve, jlui mets une tarte au vieux. Mais la bonne tartine attention, la tête qui part de côté, les cheveux de travers, et tout. Tu te paies ma gueule que je lui fais? Pis là mon dieu c’est lui qui se retourne et qui revient, qui me fout une avoine, j’ai l’impression que le plafond me tombe sur la gueule, je me ressaisis, et il me dit, qu’est ce que c’est que quelqu’un qui souffre, et qui fait couler son sang par terre pour que tout le monde soit coupable?Tous les suicidés sont le Christ, et toutes les baignoires sont le Graal. Et vous savez qu’on s’est toujours demandé s’il y avait pas une inscription gravée au fond du Graal? Hé bah oui y en a une. Allez voir qu’il me fait. Alors j’y vais, et au fond de la baignoire, y a marqué, vous m’avez bien cassé les couilles… Et boum jme réveille.

 

Perceval: C’est vraiment chouette comme rêve. Moi l’autre  nuit j’ai rêvé que Karadoc avait des pinces.

Arthur: C’est à dire?

Perceval: Comme un crabe.

Arthur: Ah. Et qu’est ce qu’il faisait avec ses pinces?

Perceval: Il me pinçait le ménisque.

Arthur: (lentement en se relevant): Le ménisque?

Perceval: Comparé aux votres, mes rêves ils sont pourris ou pas?

Arthur: (se couche, puis se relève vers Perceval): Les rêves, ça se compare pas. (Il se couche et Perceval, ému, ajuste ses couvertures).

 

Changement de plan, on quitte Tintagel pour retrouver Lancelot, qui marche en pleine nature. Il est tout vêtu de blanc. Soudain il sent une présence et se retourne. Il ne voit rien et se remet donc à marcher, méfiant. Il ne cesse de tourner la tête, et lorsqu’il reprend sa marche, il tombe nez à nez avec Méléagant.

Lancelot: Aaaah!

Méléagant: Félicitatioons.

Lancelot: C’est impossible, je croyais que vous m’aviez oublié.

Méléagant: Vous oublier? Oh comme c’est mal me connaître.

Lancelot: Fichez moi la paix. Je suis votre plus mauvais élève, et vous le savez très bien. J’ai sauvé Arthur, en utilisant la magie blanche, qu’est ce que vous dites de ça?

Méléagant: Ah bah j’en dis que vous êtes vraiment très futé.

Lancelot: Très futé?

Méléagant: Vous le sauvez, vous vous faites confier le pouvoir au lieu de le prendre par la force. Vous possédez même une petite tablette qui vous donne la légitimité aux yeux des fidèles de votre prédécesseur, c’est vraiment très futé.

Lancelot: Mais… Comment vous pouvez savoir…

Méléagant: J’ai une petite question, vous comptez gouverner avec ses anciens collaborateurs?

Lancelot: Je sais pas…

Méléagant: Vous ne savez pas… (ricane).

Lancelot: J’ai besoin d’y réfléchir.

Méléagant: Mais les augures sont claires, mon ami. Vous avez une chance unique de trouver le Graal et d’apporter la lumière sur le Terre, à condition de tout effacer.

Lancelot: (plisse les yeux): Tout effacer?

Méléagant: Tout! La forteresse, les alliances politiques, la Table Ronde, et surtout les chevaliers.

Lancelot: Qu’est ce que ça veut dire?Qu’est ce que vous racontez?Effacer tous les chevaliers?

Méléagant: Ta-ble rase, Lancelot! Table rase. Ta-ble rase…

 

Lancelot se réveille seul dans le bois. Il est couché par terre et sa tablette est dans sa main droite. Désorienté, il entend encore les paroles de Méléagant. Il parcourt la forêt des yeux comme si il cherchait quelqu’un ou quelque chose. Il semble complètement perdu, et on sent que les paroles de son mentor font leur chemin dans son esprit.

 

Retour à Tintagel, où Venec est venu secourir Arthur.

Venec: Hé, sire, allez.

Arthur: Oh!... Qu’est ce qui, qu’est ce qui se passe, c’est un rêve?

Venec: Non non c’est pas un rêve faut partir d’ici!

Arthur: Partir d’ici, mais pour quoi faire?

Venec: Parce que les hommes de Lancelot vont pas tarder à se pointer!

Arthur: Les hommes de Lancelot? Parce qu’il a des hommes Lancelot?

Venec: Parait que vous lui avez officiellement refilé le pouvoir, c’est vrai ou il ment?

Arthur: Heu non, c’est vrai.

Venec (soupire): Ok, alors je vais vous la faire courte, tous les chevaliers sont pourchassés, dans tout le pays!

Arthur: Quoi?!

Venec: Ils font des barrages sur les routes, ils fouillent les maisons, ils foutent tout en l’air, faut partir tout de suite là!

Arthur: Partir tout de suite, mais vous vous foutez de moi, jpeux même pas me mettre debout!

Venec: Si vous vous mettez pas debout vous allez crever, ils peuvent arriver d’une minute à l’autre!

Arthur: Mais, ils vont pas rentrer de force à Tintagel si?

Venec: Ils vont se gêner, vous croyez peut-être que c’est les trois gardes de votre mère qui vont les arrêter? Allez, levez-vous. Tous les chevaliers sont en train de fuir vous c’est pareil!

Arthur: Mais ils fuient où?

Venec: Mais où ils peuvent! C’est la panique je vous dis Lancelot est complètement dingue!!

Arthur: Mais il en a tant que ça des hommes?

Venec: De partout, des types en blanc, il en a envoyé aux quatre coins du pays pour buter les chevaliers je vous dis, allez, levez-vous!

Arthur: Mais, mais je vais aller où moi?

Venec: Quelque part où il viendra pas vous chercher.

Arthur: Mais il me retrouvera toujours, il connaît tous les endroits où je peux me cacher!

Venec: Ecoutez la première chose, c’est d’arriver jusqu’à la plage. Là j’ai un bateau et on traverse. Une fois sur le Continent on avisera.

Arthur: Non mais sur le Continent aussi, il connaît tous les endroits où je peux me cacher, chez Bohort, Chez le Duc d’Aquitaine, chez Hoel…

Venec: Mon dieu, qu’est ce qu’on fait ici, vous restez là, ils vont vous buter, c’est des cinglés! Il faut que vous trouviez un endroit où il viendra pas vous chercher. Y a bien un truc qu’il connaît pas de vous, non?!

Arthur: Rome.

Venec: Quoi?

Arthur: Rome. Rome, il y pensera pas.

Venec: Non mais voilà, c’est parfait ça! Si on arrive au bateau sans se faire coincer, je vous emmène à Rome!

Arthur: Non mais Rome, Rome, mais je connais plus personne à Rome moi!

Venec: Au moins vous serez en sécurité!

Arthur: Non mais attendez, de toute façon, je vais probablement crever pendant le voyage alors…

Venec: Vous crèverez en essayant de faire quelque chose, allez accrochez-vous! (tend la main au roi, celui-ci soupire mais la prend, Arthur se redresse difficilement et a un temps d’arrêt).

Arthur: Attendez, attendez… Il me faut un bandage.

Venec: Un quoi?!

Arthur: Un bandage. (Il a les yeux fermés et semble sur le point de s’évanouir).

Venec: Pour quoi faire?

Arthur: Cacher les plaies.

Venec: Les plaies? De votre suicide? (Arthur secoue la tête). Mais on s’en fout de ça je vous dis de vous grouiller!

Arthur: NON! JE PARS PAS SANS BANDAGE! Si on croise un gamin je veux pas qu’il tombe dessus. Je suis le Roi Arthur, je me désespère pas, jamais je perds courage, je suis un exemple pour les enfants. 

Venec: Ok, je vais vous trouver un bandage. (Il défait un foulard de son cou et aide Arthur à se lever du lit).

 

Arthur et Venec sont sur une plage et le contrebandier aide le roi à marcher. A un moment, Arthur tombe et Venec l’aide à se relever. Il l’installe dans un bâteau et le cache à l'intérieur. Venec met les voiles, prêt à amener le roi à Rome. Il fixe la plage et à son regard on comprend qu’il a peur pour sa vie et celle du roi.

 

Avec l’aide de ses hommes, Lancelot s’apprête à mettre le feu à la Table Ronde.

 

Le Père Blaise et Merlin se cachent et observent les hommes de Lancelot fouiller les maisons, ils sont à leur recherche.

 

Gauvain et Bohort assomment un des hommes de Lancelot, qui s’effondre. Ils s’enfuient, poursuivis par les autres hommes en blanc.

Ces derniers mettent à sac l’établissement du Tavernier, à la recherche des chevaliers d'Arthur. L’homme a les mains sur la tête, tout comme le père de Perceval.

 

Entouré de ses fidèles, Lancelot met le feu à la Table Ronde et la regarde brûler. 

 

Arthur est arrivé à Rome et marche parmi la foule, les pieds nus et l’air misérable. 

 

Apparition du générique de Kaamelott, puis on retourne à Rome. Le roi s’est réfugié dans l’ancienne demeure d’Aconia. La scène de fin possède un accompagnement musical.

 

Arthur marche dans la maison d’Aconia, cette dernière est complètement à l’abandon. Il la traverse de long en large et vérifie qu’elle est bien inhabitée. Il aperçoit alors la robe rouge de la jeune femme, rongée par les mites. Il escalade le mur pour la récupérer et lorsqu’il la fixe, il se souvient de la première fois qu’il a tiré l’épée du rocher. Il se remémore également le départ d’Aconia et le moment où elle lui a lancé sa robe.

Couché sur son ancien lit, Arthur dort afin de reprendre des forces. On le voit ensuite s'entraîner au combat avec un bâton en bois, et on découvre en parallèle son lui enfant manier Excalibur pour la première fois.

Nouveau flash-back d’Arturus et retour au moment présent. Arthur fixe la robe de la première femme qu’il a aimé et reprend courage.

 

Sur l’écran s’affiche ces mots, qui sonnent comme une conclusion, et en même temps un avant-goût de la suite: “Bientôt, Arthur sera de nouveau un héros”.

La caméra s’éloigne du roi et l’image devient noire et blanche. Encore une fois, le petit Arthur manie l’épée…

Juste avant le lancement du générique de fin, on peut lire cette phrase: “Kaamelott est dédié à Louis de Funès”.

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